Mode de Production Capitaliste

Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 16:32

380906_236343546431985_100001690256936_580200_482798430_n.jpgCes derniers temps, l'on entend souvent dire que le Front National a désormais un programme « de gauche » en matière économique. On ne peut pas nier en tout cas que des cibles communes et des idées semblables figurent dans les programmes des deux candidats classés aux « extrêmes », Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon.

C’est une vieille stratégie des fascismes que de de couvrir leurs idées d'un vernis de gauche. Hitler l’avait dit : « Notre national-socialisme est l’avenir de l’Allemagne. Bien que cet avenir soit économiquement orienté à droite, nos cours demeurent orientés à gauche. Mais avant tout, nous n’oublierons pas que nous sommes des Allemands » (Adolf Hitler, novembre 1932, discours de clôture du parti nazi NSDAP.). Le Pen Jean-Marie l’avait plagié en Avril 2002 : « Socialement je suis de gauche, économiquement de droite et, nationalement, je suis de France. ».

On voit très bien cette « socialisation » des fascismes à propos des agences de notation et ses convergences avec la « gauche radicale » .Dans les deux discours la dénonciation de ces agences, qui va de pair avec celle de la « finance », est assortie d'une revendication, le retour à la « souveraineté nationale », et l'idée de bouter la finance hors de France, comme on en boutait jadis les Anglais. Cela quelques années que l’on parlait même de la « gaucho-lépinisation » du discours du F.N. dont Alain Soral était alors un chantre.

Jean Luc Mélenchon se dit patriote et récemment dans un entretien, il déclarait également n'avoir rien contre les patrons «  en soi » et c'est devant l'agence Standart's and Poor que le candidat de la gauche radicale choisit aujourd'hui d'appeler à des rassemblements quotidiens, et pas devant le MEDEF.

Dans ces conditions une question se pose : pourquoi, à programme économique semblable, Marine Le Pen est-elle créditée de 20% dans les sondages, tandis que le Front de Gauche plafonne à 6 ou 9 % ? Pourquoi le patriotisme, le nationalisme « social » rencontre-t-il plus de succès incarné par le Front National que par le Front de gauche ?

La réponse est au fond assez simple : en tenant un discours de ce type, Marine Le Pen et le Front National ont une idée assez claire de la cible qu'ils visent principalement, de la couche sociale à qui ils souhaitent faire croire qu'ils veillent à ses intérêts. Marine Le Pen l'a désignée elle même dans son meeting de Saint Denis : alors que tout le monde l'attendait sur un appel aux ouvriers et aux habitants des quartiers populaires, ce jour-là, la Présidente du Front s'adresse à un ensemble qu'elle appelle les classes moyennes  qui regroupe selon elle, tous ceux , qui, ces dernières années ont pris le « descendeur social » : ceux qui sont mis en avant sont les jeunes diplômés, les petits patrons, les fonctionnaires cadres moyens et supérieur, les professions libérales, les commerçants. En somme Le Pen Marine en appelle à la frange la plus fragile de la petite-bourgeoisie Et aux couches supérieures du prolétariat comme du reste le programme du NPA qui dénonce la « précarisation » des classes moyennes.

Pour toutes ces catégories sociales, dont certaines forment les couches supérieures du prolétariat, et d'autres les couches inférieures de la petite-bourgeoisie, le choix est vite fait entre Mélenchon et Le Pen : celle-ci offre une voie apparemment sécurisante, un retour vers le passé du capitalisme national, le mythe de la paix sociale incarnée par les références aux Trente Glorieuses.

A l'inverse, Mélenchon comme toute la gauche radicale de ces vingt dernières années ne sait pas à qui il parle, ou plutôt cultive l'illusion de parler à tout le monde : flattant le petit patron de PME , il sacrifie l'ouvrier de ces mêmes PME, et espère se rattraper en se focalisant sur le soutien aux ouvriers de quelques boites emblématiques. Apôtre de l'agriculture ou du petit commerce bien de chez nous, il ne risque pas d'éveiller l'intérêt de l'ouvrier agricole ou de l'apprenti en boucherie charcuterie.

Mélenchon est capable de quelques tirades paternalistes sur les « frères immigrés », mais  son adhésion au « patriotisme », au drapeau et à la mythologie de la France éternelle, lui aliène forcément une bonne part de la jeunesse issue de l'immigration, comme ses envolées laïcardes et à la limite du racisme.

Comme tous les autres candidats d'extrême gauche avant lui, et comme toutes les formations qui les ont soutenues, Mélenchon à force de vouloir ratisser large, s'enfonce dans la confusion la plus totale et fait surtout rabatteur des fascistes au sein du prolétariat.

228925_243483899005293_121612214525796_838969_364255_n.jpgEn effet, à force de prôner l'alliance de classe avec les « petits patrons » autour d'une ferveur patriotique commune, cette gauche syndicale et politique impose l'idée que ce type de programme nationaliste est bien de gauche. Comme la grande bourgeoisie met en avant médiatiquement les fascistes qui défendent les mêmes thèses et comme ces derniers ne sont pas soumis aux contradictions de la gauche radicale, ce sont les fascistes  qui raflent la mise, en attirant en sus de la petite-bourgeoisie , une part importante du prolétariat.

Car, réfléchissons un instant : Que l’on soit anarchiste ou marxiste, une seule ligne doit prédominer : la lutte de classe, et celle-ci suppose deux choses :

Reconnaitre l’existence sociale concrète des classes.
Reconnaitre les contradictions aux seins des luttes .

Sur les façons d’analyser et d’investir cette lutte (en fait ces micros-luttes quotidiennes qui participent à la lutte générale), les points de vue divergent évidemment entra anarchistes et marxistes.

 

Néanmoins ne plus reconnaitre la classe induit de cesser de comprendre que la lutte de classe est la locomotive de l’histoire. Faire ceci amènera invariablement à ne pas vouloir critiquer le mode de production capitaliste. Ne plus critiquer le MPC ou juste partiellement fait abandonner tout projet d’édification d’un mode de production socialiste. Par voie de conséquence, abandonner ce concept amène non plus à la révolution, mais à la révolte, la « rebelle-attitude » si prisée  par les gauchistes. Ainsi  on cède aux chants de deux illusoires et dangereuses sirènes.



 La première Sirène,l’interclassisme.

Elle consiste à faire cause commune avec une classe antagoniste (ici prolétariat et bourgeoisie par exemple). Dans un premier temps, l’interclassisme émerge en général dans le versant petit-bourgeois de la bourgeoisie et cherche à se « prolétariser » et à défendre des causes populaires. D’une part c’est souvent un échec car le prolétariat y voit une main mise politicienne sur son devenir et d’autre part, aux fins de visibilité médiatique, la petite-bourgeoise lorgne vers des combats visibles politiques et défendables « largement » par l’ensemble de  la bourgeoisie moyenne. On en arrive donc à défendre des causes d’ordre « nationales » comme une délocalisation d’industrie en prétextant que le « capitalisme étranger », « la mondialisation », le « Grand Capital » est responsable de la situation. On défendra l’Etat bourgeois comme dernier rempart face aux ravages du « capitalisme international ».
    C’est sur cette ligne que se trouvent souvent des confédérations de la CGT ou l’ensemble de SUD. Ce fut le cas dernièrement mi-décembre lorsque « Thello » un train privé concurrent de la SNCF a été mis sur les rails à Lyon ou la lutte de l’Usine Fralib de Géménos fin Novembre 2011.  C’est dans ce cadre que Pierre Laurent, secrétaire général du P « C »F a déclaré aux salariés : « Unilever cache ses profits dans une banque en Suisse, en fait c'est gens là, ces multinationales n'ont qu'une patrie : c'est l'argent. Et c'est à cela qu'il faut s'attaquer ». Tout y est , le nationalisme anti-suisse ( un autre jour, c'est le nationalisme anti-Allemands à la grand-papa qui prédominera ), l'opposition entre le vilain capital apatride et le gentil capital français et la focalisation sur les « banquiers »


    384812_312542528766096_121612214525796_1070405_1890437475_n.jpgLa Deuxième sirène : La non-critique du mode de production capitaliste(MPC).

 

Cet interclassisme amène à élargir son spectre de lutte hors du prolétariat et à commencer à défendre un capitalisme amendé au profit du « principe de réalité », ou un capitalisme à « visage humain ».
    En cela, on s’oppose aux multinationales, aux banques, aux financiers. Pourtant c’est ici encore une erreur : « Le rapport monétaire entre le capitaliste et le travailleur, entre l'acheteur et le vendeur devient un rapport inhérent à la production. Mais ce rapport a son fondement dans le caractère social de la production et non dans le mode d'échange ; celui-ci, au contraire, émane de celui-là. Au demeurant, il est tout à fait conforme à l'esprit borné du bourgeois, tout à ses petits trafics, d'ignorer que le système d'échange a pour base le système de production et non l'inverse » (La Capital, Livre II).


    Critiquer la « finance », « les banques », » l’argent », les « flux » est inutile car c’est ici un « média » une « surface », un « bien » de l’exploitation du prolétariat par le système du mode de production capitaliste. Produire national, local, ou « équitablement » créera toujours de l’argent, des flux, en somme du fric, et il faudra toujours des banquiers à un moment ou à un autre pour gérer ces flux. Cesser de vouloir le socialisme, terme ultime de l’interclassisme c’est ne plus vouloir la révolution socialiste, c’est alors la porte ouverte à toute les dérives.

 Par le passé, cela s’est déjà produit dans les marges du marxisme entre les années 1900 à 1915. C’est ainsi que Mussolini en abandonnant le « socialisme » et son idéologie « matérialiste » s’est réfugié dans la création des faisceaux fascistes. Idem en France pour Georges Sorel.
    Cet ingénieur a voulu réviser le marxisme, le rendre non-déterministe, non-matérialiste, forger des mythes dont celui de la « grève générale » en somme adopter un comportement révisionniste qui le mènera vers la défense du fascisme. Il ne croit pas en la lutte de classe et propose des luttes interclassistes, il veut « critiquer » le marxisme, faire face à sa « décomposition », Il abandonne la notion de parti au profit de syndicat ainsi qu’il le dit lui-même dès 1898  dans son article « la crise du socialisme ». Il considère que la référence à la Commune de Paris est trop violente, il trouve attrait pour le parlementarisme, il défend Bernstein qui va fonder le SPD (parti Social-Démocrate allemand) en se détournant de l’aspect révolutionnaire et matérialiste du marxisme.

    L’historien Sternhell le note très bien : « C'est ici qu'intervient Sorel. Ce socialiste français joue un rôle essentiel dans la poussée de la synthèse fasciste en ce qu'il est le premier à lancer une révision "révolutionnaire" du marxisme. Il préconise une révolution en dehors de la matrice marxiste traditionnelle. Puisque le capitalisme ne s'effondre pas et que les masses ne marchent pas à coups de raisonnements, Sorel remplace le contenu rationaliste et matérialiste du marxisme par le culte de l'énergie, l'intuition et la violence. Il entend donc corriger le marxisme en y introduisant des éléments irrationnels. La destruction du régime de démocratie libérale est aussi un fondement de la révision sorélienne : il faut bien comprendre que ce courant révisionniste se dresse autant contre le libéralisme que contre le marxisme, car ce sont des systèmes de pensée matérialistes qui considèrent la société comme un simple agrégat d'individus. Enfin, il ne reste plus aux disciples de Sorel qu'à remplacer par la Nation le prolétariat défaillant dans le combat contre la décadence démocratique et rationaliste. Ainsi s'ouvre progressivement la voie vers le fascisme »
    On le voit si l’on lit Sorel  que l’abandon de la lutte de classe et du prolétariat comme classe révolutionnaire amène à l’interclassisme, et celui-ci à la fin de la recherche de la révolution, au profit du syndicalisme de collaboration et de gestion ou du parlementarisme.

Seulement, en période de crise du capitalisme, et de confrontation aîgue entre les classes au niveau mondial, la grande bourgeoisie ne choisit pas forcément l'option social-démocrate : une fraction de plus en plus importante , au contraire se tourne vers la solution fasciste.

C'est naturellement ce qui est en train de se passer avec l'intégration du Front National à la sphère de la démocratie bourgeoise , comme dans le reste de l'Europe avec les autres partis fascistes, mis sur le devant de la scène par les médias, considérés et présentés  comme des politiciens respectables et soutenus par un nombre croissant de grands patrons.

Devant ce phénomène, la gauche soi-disant radicale ne trouve pas d'autre voie que de raccrocher ses wagons à ceux d'une partie de la bourgeoisie mondiale : Mélenchon et son parti se réfèrent de plus en plus à de prétendus « pays résistants », du Vénézuéla à Cuba, ou la classe ouvrière , pourtant lutte là bas aussi contre les prétendus dirigeants révolutionnaires.

Notre texte sur le social-fascisme et le fascisme social   dénonçait une « gauchisation » aux fins électorales et-ou aux fins de dissimulations des idéologiques  des fascismes, mais aussi une social-fascisation des gauches social-démocrates par un soutien (de moins en moins inconditionnel au fil des mois il est vrai) à des tyrans presque tous membres ou anciens  membres de l’Internationale Socialiste (Par exemple la Tunisie et l’Egypte…).

    Nous avons redonné vie à un ancien concept oublié : le « social-fascisme », pas pour nous faire plaisir, mais pour expliquer tout d’abord la contamination fasciste de la social-démocratie, ce qui avait été étudié en son temps par les communistes d’Allemagne du KPD dans les années 20 et 30. Depuis ce concept a fait florès en ce sens qu’il nous a permis de comprendre la lente mais soudain exponentielle contamination de l’ensemble des gauches par le social-fascisme, jusqu’ à la gauche radicale ou « extrême-gauche ».

Le problème est que cette stratégie de la gauche  est vouée à l'échec : car ces modèles internationaux du social-fascisme sont aussi repris par les fascistes français, qui ne crachent pas sur Chavez et consorts, et pour cause. Leur nationalisme interclassiste , comme leur antisémitisme de plus en plus flagrant correspond très exactement à ce qu'ils cherchent à imposer ici.

En réalité, si l'éventail des solutions électorales est donc quasi-nul, celui des solutions accessibles dès lors que l'on se replace sur une ligne de classe internationaliste a de quoi rendre optimiste.
Malgré les contradictions et la fascistation rampante, les affrontements de classe ne font que s'amplifier, en France comme ailleurs.

C'est plus que jamais le moment de garder une ligne claire, fondée sur l'intérêt des prolétaires et le caractère irréconciliable de l'antagonisme entre les classes.

C'est cet antagonisme qui s'exprime dans les grèves locales, dans les mouvements contre la répression policière dans les quartiers populaires, dans les mouvements très durs et persistants des travailleurs issus de l'immigration et sans papiers malgré la violence des attaques dont ils sont victimes.


A un moment ou à un autre, ce mouvement cherchera une expression politique unifiée et se détournera des sirènes nationalistes ou religieuses : on commence déjà à le voir en Tunisie , en Egypte ou en Grèce, ou les mouvements fascistes issus de l'islam politique ont intégré le pouvoir et sont contraints face aux revendications de la classe , de dévoiler leur nature contre-révolutionnaire.

Maintenir une ligne de classe inflexible et forcément anti-nationaliste, ce n'est pas s'isoler, c'est anticiper.

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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 20:00

Ces quelques extraits sont issus d'un texte d'Antonio Gramsci écrit en 1924, alors que les fascistes étaient déjà au pouvoir en Italie : cependant, il est utile à la compréhension de la situation actuelle. D'abord parce qu'il pose la nature de classe du fascisme, porté par la petite-bourgeoisie, mise à mal par l'évolution du capitalisme, mais revancharde et haineuse envers la classe ouvrière, elle qui a toujours assuré le travail de police sociale contre celle-ci. Rien n'a changé et dans les figures sociales glorifiées par les fascistes, le commerçant, le petit patron, le cadre « moyen » sont toujours en bonne place.

 

Ensuite, Gramsci définit la tâche des communistes et son analyse, elle aussi est essentielle dans la période actuelle : elle est courageuse, car Gramsci refuse le maximalisme , c'est à dire le repli sur soi des révolutionnaires qui se refusent au travail quotidien au sein du prolétariat tel qu'il est tout en annonçant la révolution prochaine qui les dispenserait d'une ligne de masse. Mais Gramsci refuse aussi la ligne de compromis avec la social-démocratie au nom de la lutte contre le fascisme.

 

Sa voie : le combat partout et toujours, au sein de chaque village, de chaque usine, de chaque cellule syndicale,de chaque quartier. La lutte de classes sans concessions, mais à partir des combats prolétaires, pour leur intérêt immédiat sans jamais oublier leur intérêt permanent.

 

    On dit généralement, et nous aussi, communistes, l'affirmons fréquemment, que la situation italienne actuelle est caractérisée par la ruine des classes moyennes : c'est un fait, mais il s'agit d'en comprendre toute la portée. La ruine des classes moyennes est délétère, parce que le système capitaliste, loin de se développer, subit au contraire une limitation ; cette ruine n'est pas un phénomène en soi, susceptible d'être examiné à part et dont les conséquences puissent faire l'objet d'un traitement indépendant des conditions générales de l'économie capitaliste, cette ruine est la crise même du régime capitaliste qui ne réussit plus et ne pourra plus réussir à satisfaire les exigences vitales du peuple italien, qui ne réussit plus à assurer à la grande masse des Italiens le vivre et le couvert. Que la crise des classes moyennes se trouve être aujourd'hui au premier plan n'est qu'un fait politique contingent, ce n'est que l'apparence de cette période que, précisément pour cela, nous appelons « fasciste ». Pourquoi ? Parce que le fascisme est né et s'est développé, sur le terrain de la phase initiale de cette crise ; parce que le fascisme a lutté contre le prolétariat et qu'il est parvenu au pouvoir en exploitant et en organisant l'inconscience et l'esprit moutonnier de la petite bourgeoisie, ivre de haine contre la classe ouvrière qui parvenait, grâce à la force de son organisation, à atténuer, en ce qui la concernait, les contrecoups de la crise capitaliste. (…)

 

maquette-RS2F-14.pngLe monopole du crédit, le régime fiscal, la législation des loyers, ont écrasé la petite entreprise commerciale et industrielle : il y a eu un véritable transfert des richesses de la petite et de la moyenne bourgeoisie vers la grande bourgeoisie, sans que se développe en même temps l'appareil de production ; le petit producteur n'est même pas devenu un prolétaire ; il n'est qu'un affamé perpétuel, un malheureux sans espoir d'avenir. L'emploi de la violence fasciste pour contraindre les épargnants à investir leurs capitaux dans une direction déterminée n'a guère été fructueuse pour les petits industriels : quand la manœuvre a réussi, elle n'est parvenue qu'à transférer les effets de la crise d'une couche de la population sur une autre et a ainsi contribué à accroître et grossir encore le mécontentement et la défiance des épargnants à l'égard du monopole qui existe dans le domaine de la banque, monopole que vient aggraver la tactique de coups de main à laquelle les grandes entreprises doivent recourir pour s'assurer du crédit dans le marasme général. (…)

 

La caractéristique du fascisme consiste en ce qu'il est parvenu à constituer une organisation de masse de la petite bourgeoisie. C'est la première fois dans l'histoire qu'une chose pareille se produit. L'originalité du fascisme réside en ce qu'il a trouvé la forme d'organisation adaptée à une classe sociale qui a toujours été incapable d'avoir une unité et une idéologie unitaire : cette forme d'organisation est celle de l'armée en campagne. La Milice est donc le pivot du Parti National Fasciste ; on ne peut dissoudre la Milice sans dissoudre également le Parti tout entier. Il n'existe pas de Parti fasciste capable de transformer la quantité en qualité, pas de Parti fasciste qui soit un appareil de sélection politique pour une classe ou pour une couche sociale ; il n'existe qu'un agrégat mécanique indifférencié et indifférenciable du point de vue des capacités intellectuelles et politiques, qui ne vit que parce qu'il a acquis dans la guerre civile un esprit de corps extrêmement vigoureux, grossièrement identifié avec l'idéologie nationale. Sorti du terrain de l'organisation militaire, le fascisme n'a rien donné et il ne peut rien donner, et d'ailleurs même sur ce terrain, ce qu'il peut donner est très relatif.


Ainsi fabriqué par les circonstances, le fascisme est incapable de réaliser aucun de ses postulats idéologiques. Le fascisme dit aujourd'hui qu'il veut conquérir l'État, il dit en même temps vouloir devenir un phénomène essentiellement rural. Il est difficile de comprendre comment ces deux affirmations peuvent aller de pair. Pour conquérir l'État, il faut être capable de remplacer la classe dominante dans les fonctions qui ont une importance essentielle pour le gouvernement de la société. En Italie, comme dans tous les pays capitalistes, conquérir l'État signifie avant tout conquérir l'usine, avoir la possibilité de l'emporter sur les capitalistes dans la direction des forces productives du pays. Ceci peut être fait par la classe ouvrière, ce ne peut être fait par la petite bourgeoisie qui n'a aucune fonction essentielle dans le domaine de la production et qui, au sein de l'usine, en tant que catégorie industrielle, exerce essentiellement une fonction policière qui n'est pas productive. La petite bourgeoisie ne peut conquérir l'État qu'en s'alliant à la classe ouvrière, qu'en acceptant le programme de la classe ouvrière, c'est-à-dire en acceptant de remplacer le Parlement par le système des Soviets dans l'organisation de l'État et le capitalisme par le communisme dans l'organisation de l'économie nationale et internationale. ( …)

 

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Quelles doivent être l'attitude politique et la tactique de notre Parti dans la situation actuelle ?


Si la situation est « démocratique », c'est parce que les grandes masses travailleuses sont désorganisées, dispersées, pulvérisées au sein du peuple indifférencié. C'est pourquoi, quel que puisse être le développement immédiat de la crise, nous pouvons seulement prévoir une amélioration de la position politique de la classe ouvrière et non sa lutte victorieuse pour le pouvoir. La tâche essentielle de notre parti réside dans la conquête de la majorité de la classe travailleuse, la phase que nous traversons n'est pas celle de la lutte directe pour le pouvoir, mais une phase préparatoire, de transition vers la lutte pour le pouvoir, en somme, c'est une phase d'agitation, de propagande, d'organisation. Ce qui n'exclut évidemment pas que des luttes sanglantes puissent se produire, et que notre Parti ne doive, bien entendu, s'y préparer dès maintenant et être prêt à les affronter ; au contraire : ces luttes elles-mêmes doivent être replacées dans le cadre de la phase de transition ; il faut y voir des éléments de propagande et d'agitation en vue de la conquête de la majorité. S'il existe dans notre parti des groupes ou des tendances qui, par fanatisme, voudraient forcer la situation, il faudra lutter contre eux au nom du Parti tout entier, au nom des intérêts vitaux et permanents de la révolution prolétarienne italienne. La crise Matteotti nous a apporté, sur ce point, plusieurs enseignements. Elle nous a appris que les masses, après trois ans de terreur et d'oppression, sont devenues très prudentes et ne veulent avancer qu'à pas comptés. Cette prudence s'appelle réformisme, elle s'appelle maximalisme, elle s'appelle « bloc des oppositions ».

 

Elle est certainement destinée à disparaître, et même dans un laps de temps assez court ; mais en attendant, elle existe et ne peut être surmontée que si, jour après jour, en toute occasion, à tout moment, tout en continuant d'avancer, nous ne perdons pas le contact avec l'ensemble de la classe travailleuse. De même, il nous faut lutter contre toute tendance de droite qui chercherait un compromis avec les oppositions, qui tenterait d'entraver les développements révolutionnaires de notre tactique et le travail de préparation de la phase à venir.


La première tâche de notre parti consiste à s'équiper de façon à devenir capable de remplir sa mission historique. Il doit y avoir dans chaque usine, dans chaque village, une cellule communiste qui représente le Parti et l'Internationale ; elle doit savoir travailler politiquement et être capable d'initiative. Pour cela, il faut lutter contre une certaine passivité qui existe encore dans nos rangs, contre la tendance à ne pas élargir les rangs du Parti. Nous devons au contraire devenir un grand parti, nous devons chercher à attirer dans nos organisations le plus grand nombre possible d'ouvriers et de paysans révolutionnaires pour les préparer à la lutte, pour former des organisateurs et des dirigeants de masse, pour élever leur niveau politique. L'État ouvrier et paysan ne peut être construit que si la révolution dispose de beaucoup d'éléments politiquement qualifiés ; la lutte pour la révolution ne peut être victorieuse que si les grandes masses sont encadrées et guidées dans toutes leurs formations locales par des camarades honnêtes et capables. Autrement, on en reviendrait vraiment, comme le proclament les réactionnaires, aux années 1919-1920, c'est-à-dire aux années de l'impuissance prolétarienne, aux années de la démagogie maximaliste, aux années de la défaite des classes laborieuses. Nous non plus, communistes, nous ne voulons pas revenir aux années 1919-1920.


Un grand travail doit être accompli par le Parti dans le domaine syndical. Sans grandes organisations syndicales on ne sort pas de la démocratie parlementaire. Libre aux réformistes de ne vouloir que de petits syndicats, libre à eux de ne former que des corporations d'ouvriers qualifiés. Nous, communistes, nous voulons le contraire de ce que veulent les réformistes et nous devons lutter pour réorganiser les grandes masses. Certes, il faut poser le problème concrètement et pas seulement de façon formelle. Si les masses ont déserté le syndicat, c'est parce que la Confédération générale du travail, qui est pourtant d'une grande efficacité politique (elle n'est rien d'autre que le Parti unitaire), ne se préoccupe pas des intérêts vitaux des masses. Nous ne pouvons envisager de créer un nouvel organisme qui ait pour but de pallier l'impéritie de la Confédération ; nous pouvons cependant, et nous le devons, nous attaquer au problème de développer, grâce aux cellules d'entreprise et de village, une activité effective. Le Parti communiste représente la totalité des intérêts et des aspirations de la classe travailleuse : nous ne sommes pas un simple parti parlementaire.

 

Notre parti mène par conséquent une véritable et authentique action syndicale, il se met à la tête des masses jusque dans les petites luttes quotidiennes pour les salaires, pour la durée de la journée de travail, pour la discipline d'usine, pour les logements, pour le pain.

 

Nos cellules doivent pousser les Comités d'entreprise à incorporer toutes les activités prolétariennes dans leur fonctionnement. Il faut par conséquent susciter dans les usines un vaste mouvement susceptible de déboucher sur une organisation de comités prolétariens de ville élus directement par les masses : dans la crise sociale qui s'annonce, ces comités pourraient prendre en charge les intérêts généraux de tout le peuple travailleur. Si elle s'accompagne du retour dans l'organisation de tous les éléments d'avant-garde pour y combattre les actuels dirigeants réformistes et maximalistes, cette action effective dans l'usine et dans le village revalorisera le syndicat en lui rendant un contenu et une efficacité. Quiconque se tient aujourd'hui à l'écart des syndicats n'est pas un militant révolutionnaire mais un allié des réformistes : il pourra bien faire de la phraséologie anarchisante, il ne fera pas bouger d'un millimètre les conditions inexorables dans lesquelles se déroule la lutte réelle.

 

A.Gramsci, La crise italienne, 1924



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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 19:52

barriere-mentale3.jpgEn 2007, la gauche comme la droite ont fait campagne sur la sécurité. Le tronc commun , c'était la « protection » des « honnêtes citoyens » contre les « délinquants ».

 

Deux cent trente mesures sécuritaires plus tard, le constat est sans appel : la crise, la misère, le désespoir ont entraîné plus d'insécurité pour tout le monde et imposé la guerre de tous contre tous. On s'entretue pour un mot de travers dans le métro, et surtout nombreux sont les prolos qui se suicident désormais, victime de l'insécurité patronale, sur leur lieu de travail.

 

Ce thème-ci est donc mis en sourdine par la gauche, qui cette fois a décidé de protéger « La France et les Français »...contre la mondialisation.

 

La situation est la même partout dans le monde pour les salariés, pour les pauvres, pour les prolétaires ?

 

On s'en fout....une solution nationale fera l'affaire, pourvu qu'on érige enfin un mur assez grand pour que n'entre pas toute la misère du monde.

 

Difficile en effet de ne pas voir les convergences de vocabulaire entre trois candidats censés incarner des forces différentes sur l'échiquier politique officiel : Montebourg, Le Pen, ou Mélanchon proposent un chemin semblable ou le protectionnisme soi-disant social est au centre des solutions proposées.

 

Mais concrètement en quoi cela consiste-t-il ?

Et surtout dans une perspective de classe, qu'est ce ce que ces programmes impliqueraient pour les ouvriers, les salariés modestes, les chômeurs ?

 

Instaurer des barrières douanières pour que les produits étrangers soient plus cher que les produits fabriqués ou produits en France.

 

Une grande partie des produits de première nécessité et des biens de consommation, sont soit produits ou fabriqués à l'étranger, soit produits ou fabriqués avec des produits eux -même importés. Mécaniquement, une hausse des barrières douanières entraînera une augmentation des prix, sans offre concurrente de la production « française » : or il est bien évident que la France ne va pas du jour au lendemain se couvrir d'usines qui fabriqueront tout ce qui n'est pas fabriqué actuellement . Par exemple, l'immense majorité des médicaments, que chacun devra bien continuer à se procurer quand il en a besoin, s'il le peut.

 

Ces mesures entraîneront donc une nouvelle chute brutale des conditions de vie de ceux qui déjà ont du mal à joindre les deux bouts et se privent du nécessaire. Et il est bien évidemment absurde de penser que la production française va brusquement décupler et que son prix baissera en conséquence : les capitalistes ne sont pas des moralistes, s'ils peuvent vendre à un certain prix, ils ne le baisseront pas par « patriotisme », l'augmentation des produits étrangers leur permettra au contraire de maintenir les leurs.

 

Quant à l'argument selon lequel le « dumping social » et le tirage des salaires vers le bas s'arrêterait sans la concurrence internationale crée par des pays ou les conditions de travail des salariés sont pire, la réalité le balaye en deux minutes . Il y a en France, plein d'emplois qui ne sont pas délocalisables : ceux de la restauration, ceux du bâtiment, ceux des services à la personne. Ce sont ceux ou les conditions de travail sont les pires, ou la précarité est la plus grande, ou les salaires sont bas par rapport à la charge de travail.

 

Cette première mesure entraînera donc des conséquences immédiates sur le niveau de vie des prolétaires.

 

Certes, les sommes récoltées par les droits douaniers iront dans les caisses de l'Etat. Mais ensuite ?

 


 

Instaurer des aides aux entreprises « bien de chez nous » et « prendre le contrôle » des entreprises vitales pour les « intérêts de la Nation ».

 

 

barbele-1.jpgLes trois programmes évoquent la nécessité de « protéger » les secteurs stratégiques contre les « appétits étrangers »

 

Aucun des trois programmes n'entend cependant sortir de la légalité républicaine : donc pas d'expropriation possible des capitalistes qui possèdent des entreprises dans le secteur de la Défense, du Nucléaire, de la « recherche innovante »...Qu'il s'agisse de nationalisation ou de prise de contrôle de l'actionnariat, il faudra donc que l'Etat cède une contrepartie financière pour ces entreprises.

 

Ceci aura un coût énorme que les nouveaux droits de douane ne couvriront sûrement pas...mais 'entraînera aucun droit nouveau pour les salariés, puisque la déréglementation est à l'oeuvre depuis longtemps dans le secteur public et para-public. De plus le recours à la sous-traitance généralisée est déjà effectif pour tous ces secteurs, et la reprise en main de la maison-mère par l'Etat n'aura aucun effet sur cette situation, l'Etat lui même externalisant ses activités depuis des années.

 

Dans le même temps, nos trois « protectionnistes » se proposent d'aider notre « industrie », notre « agriculture » pour « produire local ».

 

L'aide aux entreprises françaises est la constante de toutes les politiques depuis des années : on file de l'argent public à qui emploie des jeunes , des seniors, des handicapés, des habitants des « zones sensibles », des «  personnes éloignées de l'emploi », des apprentis...Bref il faut vraiment le vouloir pour être un patron qui emploie des salariés sans que le paiement du salaire soit financé en partie par l'Etat !

 

A cela s'ajoute l'aide aux entreprises innovantes, l'aide aux entreprises qui font du « développement durable », et les aides des collectivités locales simplement parce que telle entreprise a choisi un département plutôt que celui du voisin.

 

Nos trois candidats ne souhaitent donc qu'amplifier cette politique, en ajoutant de nouveaux critères , de nouveaux bons points à distribuer sous forme de subventions diverses aux « patrons responsables ». Cette fois ce seront ceux qui exploiteront en France prioritairement !

 

En parlant de capitalisme « coopératif » ou de « participation accrue des salariés », nos trois tribuns cherchent tous également à cacher la réalité aux salariés, à qui on promet, comme Sarkozy l'avait fait avant eux, une sorte de « gestion commune » de l'entreprise avec le patron.

 

Distribuer des places dans les conseils d'administration, ou dans de nouvelles instances paritaires, comme il en existe déjà dans les entreprises : on sait bien ce que cela signifie au quotidien, une multitude de permanents syndicaux qui passent leur temps dans des réunions sur ceci et cela , que plus personne ne contrôle et qui sont devenus une catégorie à part.

 

Nos candidats proposent d'aller encore plus loin, et d'instaurer un système ou chaque salarié serait un « associé » du patron : dans le cadre capitaliste, ou aucune entreprise ne peut échapper à la nécessité de réduire les couts pour faire du profit, cela signifie que chacun d'entre nous au quotidien, devrait participer à sa propre exploitation , prendre en compte les intérêts de l' »entreprise » avant de défendre ses propres droits...

 

 

Défendre nos PME, les petits patrons de l'économie sociale et solidaire, les commerçants...

 

barbelé2Les trois candidats , comme d'ailleurs la présidente du MEDEF, ont tous la même rhétorique sur l'homme idéal, opposé au vilain capitaliste financier sans scrupules : le petit patron , humain et bosseur fou, voilà le sauveur suprême, celui qu'il faut encourager et choyer.

 

Il existe en version « nouvelle économie » : c'est le brave type du secteur associatif , qui crée des emplois en faisant travailler les pauvres dont personne ne veut, handicapés ou chômeurs « désinsérés », « jeunes en difficulté » ou « femmes illettrées ».

 

Toute personne ayant bossé ou bossant pour un « petit » patron ou une « sympathique » association appréciera....cela signifie ni plus ni moins qu'elle est condamnée à accepter ce qui serait considéré comme insupportable par nos candidats si cela se passait dans une multinationale.

 

On ne fait pas grève contre le « petit » patron, quand il nous impose des heures supplémentaires, quand il fait travailler l'apprenti dans des conditions de sécurité qui en tuent plusieurs chaque année. On ne se plaint pas quand on a un contrat précaire pourri mais que l'employeur fait dans l'humanitaire, ou le social et solidaire.

 

Sinon, on subit le chantage à l'emploi : se défendre, c'est faire couler une petite structure très fragile qui n'a pas les moyens de faire plus de social.

 

Tous ces discours réduisent donc des millions de salariés à la soumission, dans un secteur qui est en pleine expansion.

 

Et une fois l'idée acceptée qu'il y a des patrons devant lesquels on doit se soumettre «  parce qu'ils ne font pas exprès d'exploiter », nos trois candidats en profitent.

 

La théorie des licenciements justes

 

barbele3.jpgNos trois candidats proposent tous noblement que le licenciement économique ne soit plus permis s'il n'est pas « justifié » par la situation de l'entreprise, et les trois citent l'exemple de la société qui engrange des dividendes pour les actionnaires mais licencie quand même...

 

Mais il y a donc des licenciements justifiés : les salariés et leurs syndicats devraient donc se battre uniquement quand l'entreprise est en très bonne santé...et une nouvelle fois toujours tenir compte des intérêts du patron avant de se révolter.

 

Au nom de la même idée, chacun des candidats s'élève contre les contrats précaires, mais chacun d'entre eux défend leur nécessité dans certains cas. Mélenchon trompe tout le monde avec son « 5% maximum » et « 10%  pour les PME » dans ses discours oraux, mais oublie de citer son programme en intégralité , celui-ci ajoute «  sauf dérogation JUSTIFIEE »

 

 

Après cet exposé concret des mesures qui figurent derrière les grands mots à la mode , « protectionnisme social », « démondialisation », «  nation protectrice », il n'est pas difficile de dégager la véritable idée force commune à tous nos candidats.

 

Il y aurait entre « certains » patrons et les salariés français, un intérêt commun et transcendant qui les opposerait au « reste du monde » : en acceptant cet intérêt commun à court terme, il serait possible de construire à long terme une petite oasis française de paix sociale et de prospérité.

 

Mais dans le court terme, il faudra accepter

 

  • la notion de « dette commune » à résorber, et donc se résigner à certains sacrifices pour protéger les « gentils » patrons contre les « méchants ».

  • l'octroi de toujours plus d'argent à une partie des entreprises, pour les « aider » à faire face à l'affreuse mondialisation

  • le sacro-saint respect de la propriété privée qui exclut toute expropriation des capitalistes, et implique une dépense d'argent monumentale pour racheter les biens communs privatisés ces trente dernières années, sans garantie aucune sur les bienfaits de ce rachat pour les salariés et les usagers.

 

 

 

 

 

3029 le-bonimenteur-rouge 156 250 Appeler un chat, un chat : voilà l'essentiel de notre ligne .

L'analyse politique sérieuse consiste à se fonder sur le contenu défendu par un groupe ou un individu pour qualifier sa pensée politique, et non pas sur le contenant : cela signifie entre autres que chaque programme, chaque proposition doit être jugée pour ce qu'elle est, et non à partir de l'étiquette de celui qui s'en fait le promoteur.

Le protectionnisme et le nationalisme chauvin sont effectivement présents sous la même forme dans les programmes d'un parti classé à l'extrême-droite, le Front National, dans celui d'une fraction influente de la social-démocratie, le regroupement des partisans de Montebourg, dans celui d'une force désormais classée à l'extrême-gauche, le Front de Gauche.

 

Pourquoi ? Parce que les idéologies politiques ne naissent pas spontanément, elles sont le reflet des classes qui s'affrontent au sein de la société capitaliste, et des rapports de force existants.

La caractéristique commune des partis se présentant aux élections , quelle que soit leur étiquette est de ne pas remettre en cause le capitalisme en tant que tel, et donc d'entériner d'office la société fondée sur l'exploitation de l'homme par l'homme comme la seule possible.

 

Défendre la pérennité du capitalisme dans sa phase actuelle, c'est forcément aller contre l'intérêt du plus grand nombre et préserver la domination de la bourgeoisie : il n'est donc nullement étonnant que l'une des solutions pour y arriver, le social-fascisme soit présent en germe ou dans sa forme la plus aboutie dans les programmes de partis apparemment très différents.

 

Qu'est ce que le social-fascisme, à quel moment du développement du capitalisme, se répand-il au sein de la société ? Nous en avons longuement parlé ici , en insistant sur ses caractéristiques immuables. En faire un bref rappel montrera qu'elles s'appliquent aussi bien à Mélenchon, qu'à Montebourg ou à Le Pen.

 

Culte d'un leader-sauveur : on met en avant un « homme providentiel » capable de redresser la gauche moribonde, sur une liste unitaire, une gauche "vraiment de gauche";

Manichéisme : on ne fait des pas distingo, ou l’on est contre la gauche incarné par le leader ou on est « de droite » ou « stalinien ».

 -Culture de la persécution : les journalistes déforment toujours les propos, c’est pour cela que le peuple n’entend pas les arguments, les gens ne lisent pas les ouvrages du leader donc ne comprennent pas le programme…

- Dénonciation des élites et des grands dirigeants et non du système économique : on ne cible pas le mode de production capitaliste mais on s’en prend aux grands financiers qui font dérailler le système, aux grandes familles de la finance

-Provocation : on crée le spectacle par des mises en scène provocantes. On arbore des signes distinctifs, on joue à la meilleure « petite phrase ».

-Relativisme historique : par exemple on critique le communisme comme un errement fasciste, mais on salue la valeur des militants d’alors, auquel on ne cesse de se comparer, en se présentant par exemple comme l'incarnation contemporaine de la Resistance à l'occupant nazi.

 

fdesouche-fachosphèrePour autant , il ne s'agit pas de tracer un trait d'égalité entre des fascistes assumés, des fascistes qui se cachent derrière le masque de la démocratie, et des politiciens qui se vivent eux-même comme des gens de gauche.Nous parlons de processus et de tendances, dans lesquels la manière dont les individus et les politiques se perçoivent eux-même n'entre que très peu en ligne de compte au regard du résultat obtenu, la diffusion du poison nationaliste au sein de la classe ouvrière qui l'empêche de voir clairement la nature bourgeoise de certaines politiques, dont le protectionnisme.

  • Mais ceux qui propagent ces idées peuvent se classer en trois catégories, qui peuvent fort bien s'affronter entre elles tout en allant dans le même sens global.

 

 

·       « l’aile-gauche » du fascisme, c’est les groupes se réclamant d’une certaine « idée de la nation » en proposant un discours stérilement révolutionnaire ne mettant jamais en cause le mode de production capitaliste. C’est le cas des nationaux-révolutionnaires , des nationaux-bolchéviques peu présents en France et des groupes prônant une prétendue 3ème voie entre capitalisme et communisme. Ces groupes assument généralement une apologie franche ou partielle des régimes fascistes du passé, ou des dictatures fascistes du présent, par exemple la Russie de Poutine ou la Syrie de Bachar El Assad

 

·        Les Crypto-fascistes sont des individus ou des groupes qui sont d’obédience fasciste, mais cachent cela sous une terminologie autre. Est crypto-fasciste également toute personne qui transmet un discours de ce type sans éprouver le moindre recul critique . Sur les réseaux sociaux comme Facebook, beaucoup de discours sont ainsi véhiculés. Alain Soral est l’archétype du proto-fasciste, se déclarant social sur certains points et nationaliste sur d’autres renvoyant ainsi à la fameuse phrase de Hitler : " Notre National-Socialisme est le futur de l’Allemagne. Bien que ce futur soit économiquement résolument à droite, nos coeurs resteront à gauche.Mais par dessus tout, jamais nous n’oublierons que nous sommes Allemands.". Les crypto-fascistes ne s'assument pas comme fascistes, mais n'hésitent cependant pas à mettre en avant des auteurs fascistes, au nom du droit d'inventaire qui leur permet de banaliser petit à petit le fascisme dans son ensemble, à en faire une opinion comme une autre


·        Est fascistoïde, un individu, un groupe ou une idéologie qui en ne respectant pas les canons de la pensée fascistes lui trouve sur certains points de l’attrait et de l’intérêt. C’est le cas d’une grande majorité de penseurs actuels qui veulent « dédiaboliser » le FN avec l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête. Sans être parfaitement fasciste, ni conscient de la tournure fasciste des évènements, la pensée ou l’individu fascitoïde reprend les grandes idées du fascisme (culte du chef, nationalisme, protectionnisme, corporatisme…). Le discours est souvent celui-ci : « il y a de bonnes idées dans le programme du FN », « Marine n’a pas tort ».

Ceux qui incarnent la pensée fascistoïde ont comme caractéristique de reprendre immanquablement les poncifs des fascistes assumés : louange de la Nation, éloge des divers avatars de la petite bourgeoisie ( le commerçant, le petit patron, l'exploitant agricole, l'entrepreneur audacieux ) décrits comme étant les forces vives de la Nation, dénonciation de la nocivité économique et culturelle de la « mondialisation » et de la modernité, nostalgie pour l'état antérieur du capitalisme, défense d'un Etat fort.

 

 

paranoiaLe social-fascisme est bien « le socialisme des imbéciles » : mais seulement si l'on prend cette expression comme celle qui résume la pensée des politiciens qui le propagent. Montebourg, Mélenchon ou Le Pen se font cette même idée de leurs électeurs potentiels, les prolétaires : ceux-ci seraient des imbéciles finis aisément manipulables du moment qu'on leur parle à coup de simplifications hâtives, de formules choc et en désignant quelques boucs émissaires à leur légitime colère.

 

Peu importe ou ils veulent vraiment aller, ils emmènent le prolétariat dans le même mur, celui de l'analyse faussée des causes de l'état actuel de la société.

 

Gabriel Péri, mort fusillé par les nazis avait trouvé un outil imparable pour reconnaitre les vrais révolutionnaires des faux par ce principe : «Dis moi qui tu favorises, je te dirai qui tu es ».

 

Mélenchon , Montebourg ou Le Pen , comme nous l'avons vu n'ont aucune intention de s'en prendre au capitalisme lui même : leurs gesticulations et leurs évitements ne peuvent que les amener à désigner de fausses responsabilités

 

 

Le social-fascisme érige des bouc-émissaires, les banquiers et « les gens de la finance » ce qui amène de manière imparable à l’antisémitisme. Aucun parti, aucun politicien n'a jamais évité cet écueil en plusieurs siècles. Rappelons nous cette charge du journal La Petite Républiquedont le directeur de publication est Jean Jaurès , en 1895,  contre les banquiers : « Ces  Juifs rapaces comme cette bande de Rothschild qui écrasent l'Europe entière de leur tyrannie et de leurs milliards(...) ces financiers cosmopolites » ou encore cette déclaration de Jaurès lui-même dans son journal : « La race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion » (7 juin 1898). Oui le Dreyfusard tardif si utilisé par Mélenchon, Montebourg et Le Pen comme référentiel fut antisémite !

 

Dans sa lettre ouverte en date du 11 octobre 2011 que le leader du front de gauche adresse à Arnaud Montebourg , il écrit : « Le programme du Front de Gauche propose de combattre la spéculation et la financiarisation de notre économie en interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux. Nous imposerons également la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. Nous interdirons les stock-options et les engagements hors bilan et obligerons les entreprises à la transparence financière. Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés à nos frontières »,

 

         Jean-Luc Mélenchon répond à Montebourg également sur le développement économique local en écrivant notamment : « Je prône une relocalisation écologique maximale de notre production agricole et industrielle. Pour cela, le Front de Gauche défend l’instauration d’un visa social et écologique qui permettra de bloquer les productions délocalisées pour des raisons de dumping social et fiscal. ».

 

Apologie du capitalisme local contre la « pieuvre » mondialiste apatride de la finance...tout est dit.

 

Briser les chaines 1 bigL'on pouvait encore l'année dernière lorsque nous évoquions ces convergences et cette ligne semblable dans la social-démocratie, à l'extrême-gauche ou à l'extrême-droite dans de nombreux textes, nous accuser d'exagération à partir de présupposés théoriques non vérifiés massivement dans la pratique.

Mais depuis le mouvement des Indignés français, dont nous avions déjà dénoncé la tournure à ses débuts est venu concrétiser dans les faits ce que nous avancions : l'un de ses principaux animateurs , Benjamin Ball se revendique du Front de gauche qui a manifesté massivement lors de la dernière manifestation parisienne du mouvement. Mais dans le même temps, l'inspirateur revendiqué des Indignés, Stéphane Hessel, dont nous avions analysé le rôle moteur dans la propagation de l'antisémitisme et de l'anti-communisme chauvin a lui rejoint l'aile social -démocrate. Et dans le même temps encore, les représentants des Indignés dans les médias, notamment intervenus dans l'émission de Zemmour et Naulleau sont des membres de Solidarité et Progrès, parti d'extrême-droite omniprésent ces derniers temps.

 

Il y a donc bien sur le terrain une fusion progressive des tendances social-fascistes issues de divers points de l'échiquier politique  et une tentative de main mise sur le mouvement de classe en cours.

 

Montebourg s'adresse beaucoup aux couches moyennes et à la petite-bourgeoisie intellectuelle, et son think thank « Nouvelle France » aura essentiellement pour vocation de propager le nationalisme en leur sein, et l'on pourra y dire les mêmes choses qu'au Front National en ayant la conscience tranquille : ce n'est pas un hasard si Emmanuel Todd a été un des premiers penseurs à rejoindre la formation. Pionnier du soi-disant protectionnisme de gauche, Todd anime son site avec un ex-conseiller de Ben Ali, entre autres...

Mélenchon vient lui de lancer un « Front des Luttes », et à cette occasion, de nombreux dirigeants syndicaux, responsables de l'étouffement des luttes de ces dernières années , tel Didier Le Reste, de la CGT Cheminots ont enfin dit pour qui ils roulaient. Sur ce terrain, la concurrence sera rude avec le Front, qui lui, aussi joue désormais la carte syndicale.

 

En attendant, la lutte des classes mondialisée se poursuit et s'amplifie partout : les social-fascistes de tous bords ne pourront pas toujours détourner l'attention des prolétaires de la formidable avancée planétaire des mouvements de classe, qui préfigure une révolution qui sera tout sauf nationale.

 

solidarité internationale

 Quelques autres textes sur l'économie ,le fascisme, et la tentative de main-mise sur les mouvements de classe , à l'heure de la crise mondiale du capitalisme

 

-Fascisme social et social-fascisme

De Chavez à Casapound en passant par Mélenchon, un inventaire des convergences...

 

 -Identitaires : exploiter local , une idée dans le vent 

 

Analyse des convergences entre le programme du Bloc Identitaire et celui de la social-démocratie, faite il y a un an. Depuis le Bloc a appelé à voter Montebourg aux primaires citoyennes

 

-Crise, capitalisme et programme fasciste : le FN n'est pas le parti des ouvriers

 

Un retour détaillé sur le programme du Front, qualifié de "social " par les médias qui ne détaillent cependant jamais son contenu !

 

-Fabien Engelmann : Itinéraire exemplaire d'un bureaucrate ordinaire

 

Comment passe-t-on de la gauche de la gauche au Front ?

 

 

 


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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 16:08

Le nucléaire civil est une énergie qui satisfait l’élite bourgeoise par sa complexité de mise en œuvre, qui nécessite une appartenance à une sorte de forme « clanique »qui est la « famille du nucléaire » comme les différents acteurs se qualifient eux-mêmes et antiprolétarienne par essence même, car le prolétaire est mis à contribution  au détriment de sa santé et de son exposition. L’accident « industriel » de Marcoule (Gars) met en lumière quelques évidences que la bourgeoisie cherche à dissimuler.

La question du nucléaire civil est une question qu’une organisation révolutionnaire doit se poser, et doit se poser en termes concrets, non sur des pétitions de principe petits-bourgeois (« il faut fermer toutes les centrales ! ») ou en suivant la ligne de défense inconditionnelle de cette énergie par les industriels, car ce secteur industriel serait « créateur d’emplois ».

 C’est pourquoi, nous avons déjà traité ici de ce problème avant même la catastrophe nucléaire de Fukushima, catastrophe que nous avons également analysée dans un ensemble de texte, visant à rendre compréhensible par le plus grand nombre cet « incident majeur » selon la terminologie en vigueur, que l’on trouvera en suivant ce lien.

L'accident de Marcoule illustre une fois de plus les dangers liés à cette énergie. Cette fois-ci, c'est le plus ancien centre industriel nucléaire de notre pays qui est atteint. Un ouvrier est mort, dans l’indifférence générale, un autre est dans un état critique, deux autres sont blessés, mais de cela presque nul mot.


 

 

I./ Pourquoi le culte du secret pour une énergie pourtant réputée « sans danger » ? Et à qui profite « le crime » ?

La France possède une tradition nucléaire bien établie, avec 58 réacteurs, soit près d'un réacteur par million d'habitants, ce qui en fait le pays le plus nucléarisé au monde. Cette tradition tourne à l'obstination, voire à l'idéologie. Serions-nous condamnés au nucléaire, malgré les avertissements répétés qu'il nous donne et qu'il vient de renouveler à Fukushima? Pourtant nos voisins se tournent vers d’autres énergies. Si l’on cite l’Espagne et son parc d’éolienne visant à produire 50 % du marché national, on nous répondra peut-être de manière éhontée et sans fondement que l’Espagne possède un climat « plus ensoleillé ». Que dire alors de l’Allemagne ? De l’Autriche ? De la Suisse ?...

L’argument ne tient pas un instant. La France « produit nucléaire » car le mode de production capitaliste incite aux profits. Or les entreprises françaises sont en pointe question nucléaire et ainsi AREVA (avant 2001 Commissariat à l’Energie Atomique- Industrie) est détenu à 73 % par le CEA  à 10 % par l’Etat, soit appartient à plus de 83 % aux capitaux de l’Etat français. C’est un peu le principe de la maison-test : on démontre ce que l’on est capable de faire « chez soi », donc AREVA démontre en France son savoir-faire afin de le vendre à l’étranger, qui autour d’AREVA et de l’usine de retraitement de la Hague, qui autour du CEA et de son site de Marcoule.

Parlons tout d’abord du « secret » qui entoure les installations nucléaires. Justifié par l’aspect sécuritaire, on s’étonnera de voir un nucléaire prétendument « peu dangereux » se voir parer de tels monceaux de précaution.   On peut s’interroger, si le nucléaire civil est si protégé par divers secrets, comment admettre un discours dominant sur le peu de nocivité de cette énergie. Les dangers atomiques, ainsi occultés par le secret, le sont aussi par la publication de statistiques rassurantes sur la très faible probabilité supposée d'un accident nucléaire majeur, très faible, mais pas impossible : Les trois accidents de Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et enfin Fukushima (2011) sont intervenus en une trentaine d'années. Soit en moyenne un accident majeur tous les dix ans.

Pour autant, nul texte dont la loi de 2006 sur les installations classées ne requiert de déclaration d'utilité publique pour la création d'une centrale nucléaire ou d'un centre de stockage de déchets radioactifs. Le CEA peut dormir tranquille !

La ministre de l’écologie parle d’accident industriel et évite soigneusement le terme « nucléaire », pourtant le site appartient bien au Commissariat à l’Energie Atomique, dont voici le descriptif : « Le CEA Marcoule est l'un des 10 centres de recherche du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA). Créé en 1955, il est au cœur des enjeux énergétiques du XXIe siècle : durabilité des ressources, indépendance nationale et préservation de l'environnement. Ainsi, il constitue un centre de référence à la fois dans la gestion de ses anciennes installations et dans la préparation du nucléaire du futur. Ses recherches préparent le cycle du combustible (recyclage des matières, minimisation et gestion des déchets ultimes) des réacteurs nucléaires du futur. ». Peut-on simplement évincer l’aspect nucléaire en requalifiant l’incident ?

 

 2./ La nécessaire confiance en la technique ou comment arracher la production à son producteur…

Une constant du discours pro-nucléaire, c’est qu'il conviendrait de faire confiance aux techniciens de l'atome. A tous les niveaux: sûreté des centrales, radioprotection, gestion des déchets radioactifs à vie longue, etc. Ainsi, depuis ses origines, le droit nucléaire français n'est pas autre chose qu'une codification de la confiance que l'on nous impose de faire aux techniciens de l'atome et aux savants.

C’est une véritable « nucléocratie » qui s’est installé de longue date en France.

         La production électrique par le nucléaire civil ne cesse d’augmenter, passant  de 8,3% en 1975 à presque 80 % aujourd’hui. Nous sommes donc devenus dix fois plus dépendants du nucléaire et par voie de conséquence  dix fois moins libres d'en sortir... Cette croissance s'accompagne d'une augmentation de notre dépendance, contrairement à ce que dit la propagande du CEA sur Marcoule par exemple : « durabilité des ressources, indépendance nationale ». Il y a longtemps que les mines d'uranium du sol français sont épuisées (depuis 1990) et que nous dépendons entièrement  d'un approvisionnement étranger. L’annonce d’une indépendance énergétique grâce au nucléaire est une fadaise. L’uranium, il faut bien l’acheter au départ, non ? Les spécialistes du nucléaire nous prennent donc pour des imbéciles.  

         De plus, ces chers technocrates du nucléaire à qui faire confiance ne s’exposent jamais à la production du produit qu’ils vendent, ils laissent cela au prolétariat qui travaille dans des conditions parfois indécentes. On emploie des intérimaires qu'il suffit de changer quand ils tombent malades... Ces personnels connaissent une forte rotation et sont devenus les « nomades » du nucléaire, les « gitans » comme on les dénomme en France et à Fukushima. Nils Diaz, président de la commission de réglementation nucléaire américaine rappelait en 2004 à propos de l'accident de Three Mile Island: « Quelqu'un aurait dû le faire. N'importe qui aurait pu le faire. Tout le monde pensait que quelqu'un d'autre le ferait. Finalement, personne ne l'a fait... », et finalement personne n’a rien fait.  

Mais qui est mort à Marcoule? Un ouvrier. Qui risque de mourir à Marcoule ? Un ouvrier. Cela importe peu au CEA.

On peut dire qu’un accident arrive, par définition, sans qu’on le sache, néanmoins le cas de Marcoule, le four qui a explosé connaissant des « pannes diverses » selon le CEA depuis plusieurs semaines, ainsi que vient de le confirmer le procureur de Nîmes.

Bien entendu, il n’y a eu aucune fuite radioactive, mais dans le cas qui nous intéresse, peu importe. On voit l’opacité du système, le culte du secret et le manque de fiabilité du nucléaire, ou plutôt ici du processus industriel qui entoure la production nucléaire et de ses déchets.  A Marcoule, il s’agissait de cristalliser des déchets peu radioactifs par un passage dans un four, mais demain, que faire des déchets hautement radioactifs ? Dans l’un ou l’autre cas, c’est sera encore le prolétaire qui fera les basses besognes pendant que ces messieurs du nucléaire réclameront notre confiance. Et puis après tout, un accident, est un accident.

On voit ici toute la contradiction du monde de production capitaliste : de la contradiction entre l’ouvrier qui produit et du bourgeois qui vole cette production pour la revendre, sans lui, avoir pris le moindre risque. 

Oui, il est facile de vendre la sûreté lorsque l’on sait que soi-même, on ne sera jamais irradié.

Nous sommes des enfants du soleil écrivait Vernadsky, donc finalement les enfants d’un processus nucléaire, mais naturel celui-ci. L’homme s’amuse à devenir un démiurge avec le peu de succès que l’on connait. Il est devenu désormais temps pour nous, révolutionnaires, de protéger les nôtres et d’imposer la fin du nucléaire, car comme nous l’avons souligné dans nôtre texte sur le nucléaire, la génération d’après le nucléaire sera encore la génération du nucléaire, car le démentiellement ne se fera pas en un jour, et ne comptons pas sur les « nucléocrates » pour le faire à notre place.

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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 09:15

Panique à la Bourse, crise de la dette, « nous vivons au dessus de nos moyens »....Unité nationale au parlement italien pour voter un plan de « réduction des déficits », élections anticipées en Espagne....

Chômage en hausse, retraites en baisse, «  Etats en risque de faillite »...


Et dans le même temps, un militant d'extrême-droite assassine froidement des dizaines de personnes en Norvège, tandis qu'en France, le premier média politique est devenu Fdesouche, un site fasciste.


Les capitalistes tentent de nous faire croire que la situation économique est trop complexe pour que nous y comprenions quoi que ce soit.


Les fascistes eux, nous affirment que tout est au contraire très simple : sortons de l'euro, persécutons une partie de la population et tout continuera comme avant.


Pour notre part nous avons procédé à deux synthèses sur la crise économique actuelle sous forme de visuels. En voici la retranscription complétée en texte.


L'antifascisme c'est aussi l'anticapitalisme, et c'est surtout comprendre le monde qui nous entoure. Et pour cela, pas besoin de s'y connaître en cours de la Bourse, pas besoin de maîtriser les « mécanismes bancaires ». Les crises sont au capitalisme, ce que la haine est au fascisme, une partie de sa substance. Au cours du temps, la bourgeoisie , dans sa propagande quotidienne a donné de nombreuses raisons aux crises perpétuelles, et a trouvé de nombreuses excuses à la montée concomitante des fascismes qui les accompagnent.


En réalité, le mécanisme est toujours le même.


Comme nous l’avions souligné dans notre brochure « Comment combattre le fascisme ? » , « Le fascisme est entré sur la scène politique lors d'une crise générale du capitalisme à la suite de la Première Guerre mondiale. Les aspirations révolutionnaires des travailleurs menaçaient la puissance des capitalistes. Pour assurer la domination capitaliste, les capitalistes ont traîné dans plusieurs pays les forces fascistes au pouvoir (par exemple en Allemagne, en Italie et Autriche). ». La plupart des pays européens étaient en crise économique importante et le mode de production capitaliste menacé par l’exigence communiste des prolétariats des différents pays.


Voici une esquisse de thèse pour expliquer le phénomène complexe de la crise actuelle débutée en 2008 aux Etats-Unis au plus grand nombre. C'est aussi un devoir antifasciste de comprendre cette crise, car le fascisme naît du mode de production capitaliste en faillite .


capitalisme-crise3.jpgPourquoi le mode de production capitaliste est-il actuellement dans une crise sévère?


L’économie capitaliste est vouée à l’échec à cause de ses contradictions internes, notamment par la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse tendancielle du taux de profit s'explique parce une suite de mécanismes simples :

  1. Ce qui donne sa valeur à une production, c'est le travail. Pour Marx (à la suite de Ricardo) la valeur d'un produit repose sur le travail utilisé pour sa production.

  2. La production est réalisée par du travail (capital variable en terme marxiste) et du capital (capital constant). L’évolution économique veut que les capitalistes aient de plus en plus besoin de capital constant pour produire (Les locomotives remplacent les machines à bras par exemple…).

Il faut donc de plus en plus de capital pour produire mais la valeur de la production repose sur le travail.

Comme les capitalistes ont de plus en plus besoin de capital constant pour produire, le taux de profit baisse sans cesse, c’est la baisse tendancielle du taux de profit. L’un des moyens de faire remonter le profit sera de baisser les salaires. Les bénéfices des capitalistes sont donc amenés à baisser sans cesse (a).

 

      3.Dans un ultime effort pour soutenir leurs bénéfices, les capitalistes vont augmenter leur production, alors que dans le même temps les salaires baissent, la surproduction est donc inévitable (b).


(a) + (b) : A long terme le capitalisme est voué à l’échec à cause de cette contradiction inhérente au mode de production capitaliste.

 


capitalisme-crise.pngComment fonctionne le mode de production capitaliste dans sa production du profit?

 

A./ Tout d'abord, le profit est la plus-value considérée dans son rapport avec la totalité du capital investi dans la production ; extérieurement, il se présente comme le fruit de l’ensemble du capital. Le taux du profit représente le rapport, exprimé en pourcentage, de la masse de plus-value produite à la totalité du capital. La concurrence à l’intérieur des branches d’industrie aboutit au fait que les prix des marchandises similaires sont déterminés non pas par la valeur individuelle, mais par la valeur sociale de ces marchandises. La concurrence entre branches d’industrie amène le transfert des capitaux d’une branche dans l’autre et aboutit à la formation d’un taux moyen du profit dans le cadre de la totalité de la production capitaliste. C’est en vertu de la loi du taux moyen du profit que s’opère la répartition du travail et des moyens de production entre les diverses branches de l’industrie capitaliste.


B./ Par suite de l’égalisation du taux de profit, les marchandises ne se vendent pas à leur valeur, mais à leur prix de production. Le prix de production est égal aux frais de production de la marchandise plus le profit moyen. Le prix de production est la forme modifiée de la valeur. La somme des prix de production est égale à la somme des valeurs de toutes les marchandises ; la modification de la valeur des marchandises entraîne la modification du prix de production. Avec le développement du capitalisme, au fur et à mesure que s élève la composition organique du capital, le taux moyen du profit manifeste une tendance à la baisse. En même temps la masse des profits augmente sans cesse. La loi de la baisse tendancielle du taux de profit aggrave les contradictions du capitalisme.


On le constate une fois que le taux de profit baisse tendanciellement, une crise économique s'amorce.


capitalisme-crise-4.jpgPourquoi une crise globale s'accompagne-t-elle d'un risque fasciste réel et imminent?

Comme le souligne le théoricien André Nin au sujet du fascisme: « Le pouvoir conquis, le fascisme n’a pas tardé à montrer son véritable caractère. Il n'était certainement pas là pour combattre le grand capital – comme se l’imaginaient les naïves masses de la petite bourgeoisie –, mais pour le défendre par-dessus tout. » (Le fascisme italien, 1930).


Le fascisme se joue de la contradiction bourgeoisie-prolétariat. Afin de défendre le mode de production capitaliste, les fascistes semblent accuser le capitalisme trop international, trop globalisé, trop mondialisé.


La crise économique est présente et touche des millions de foyers.

 

Elle se manifeste essentiellement par une baisse de la rénumération du travail global des exploités. Celle-ci prend différentes formes : la baisse globale du salaire direct, par la généralisation des contrats précaires, du temps partiel, de l'augmentation de la pression des employeurs sur les salariés, ces employeurs ne respectant plus les lois sociales ( embauche au noir, non-paiement des heures supplémentaires ou du temps de pause, par exemple). Dans le même temps, le salaire indirect baisse aussi de manière drastique : c'est la fameuse remise en cause du prétendu Etat Providence .

 

Les politiciens obéissent aux patrons, suppriment les droits sociaux , retraite, allocations chômage, accès aux soins. Simultanément, l'augmentation des prix est générale.

Inévitablement, ces mesures accroissent la conscience de l'exploitation chez une partie des salariés, et les mécanismes d'auto-défense contre la pression se mettent en place : grève, révoltes, émeutes, investissement moindre dans le boulot quotidien, la perspective d'une vie meilleure gagnée en travaillant plus s'évanouissant totalement.


Ces mécanismes d'auto-défense de la classe exploitée ne remettent pas forcément en cause le capitalisme même : mais ils créent les conditions objectives d'une prise de conscience collective de la division de la société en classes, et celles de sa remise en cause.


C'est là qu'intervient le fascisme, comme contre-feu à cette prise de conscience, comme aspiration de l'énergie révolutionnaire potentielle contenue dans la colère populaire.

 

Le fascisme, c'est d'abord la démagogie : les fascistes prétendent se poser en ennemis du système économique en place et proposent de se révolter contre celui-ci. Mais en déployant un discours sur les bienfaits des productions nationales ou locales, toujours inscrites dans le mode de production capitaliste.


Le fascisme est issu du mode de production capitaliste. Nin le dira clairement : « La politique économique du gouvernement de Mussolini peut donc se résumer ainsi : non-intervention quand celle pourrait constituer un obstacle aux intérêts du grand capital, et intervention énergique quand il s’agit de stimuler le développement indépendant du grand capital. ».

Ceci s'est vérifié dans les états fascistes historiques des années 30 (Allemagne, Italie, Espagne…) et ceci se vérifie encore dans les programmes des partis de « droite nationale » comme ils s'autoproclament, afin de masquer leur fascisme .


Dimitrov indiquait cependant « Ce serait une erreur grossière que d'établir un schéma général du développement du fascisme applicable à tous les pays et à tous les peuples. Un tel schéma ne nous serait d'aucun secours, il nous empêcherait au contraire de mener la lutte véritable » (Pour l’unité de la classe ouvrière contre le fascisme, 1935).


Parlons concrètement du cas français.


Bruce-Davidson-exhibition-8Par exemple, quel est le programme du F.N. face à la crise ?


Page 17 de son Projet économique, avril 2011, le FN parle de réguler le système bancaire face au « lobby des banques ». S'il est question d'instaurer la souveraineté de la France (au travers d'un ministère de la souveraineté) et de sortir de l'Euro, le mode de production capitaliste n'est jamais mis en question.

 

Pages 19 et 20 du même programme, le FN souhaite défendre la « classe moyenne » et notamment encourager la création de PME tout en favorisant les « grosses PME » par une « révolution fiscale » (sic !) sur l'impôt sur les sociétés. Page 22 du même document il est dit des entreprises du CAC 40: « il n'est pas anormal qu'il y ait des dividendes » comprendre des profits boursiers gagnés par ces entreprises. Le FN souhaite juste redistribuer, comment? « …en négociant » avec les entreprises…vaste programme!


D'emblée le fascisme version FN se propose comme un moyen de révolte face non au capitalisme mais « aux grandes familles », ce qui tend forcément à l'antisémitisme plus ou moins larvé.


Jamais le fascisme ne remet en question la bourgeoisie qui détient le pouvoir réel dans le mode de production capitaliste, car le fascisme est issu de la bourgeoisie. Cependant afin de rallier le plus grand nombre, selon Nin, le fascisme cache sa vraie nature: « Le fascisme ne pouvait évidemment pas se présenter d’emblée comme un mouvement anti-prolétarien. Pour déguiser son véritable caractère, pour attirer la classe ouvrière et les éléments de la petite bourgeoisie subjugués par le grand capital, il a pratiqué pendant ses premières années une agitation et une propagande salement démagogique… ».


Ceci se vérifie pleinement dans les propositions énoncées plus haut.


La sortie de l'euro ? Certes la situation s'est dégradée depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle monnaie, mais imputer la responsabilité de cette dégradation à l'euro, c'est aussi logique qu'affirmer que le réchauffement climatique est du à l'apparition de nouvelles cartes météo . Un seul fait suffit à démontrer l'inanité de ce débat sur l'euro, son inutilité totale : dans le monde entier, la prétendue « crise » se manifeste de la même manière , euro ou pas.


Mais ce faux débat permet justement d'éviter un véritable questionnement sur les causes de la crise en enfermant la réflexion dans un cadre nationaliste : « Français » contre le reste du monde. Et donc patrons et salariés unis avec un prétendu intérêt commun.


Et cela permet d'entraîner le salarié dans un raisonnement faussé : le « petit » patron de PME est un allié, le salarié chinois un ennemi.


Seulement, la PME « autonome » n'est pas une réalité, c'est une fiction juridique : aujourd'hui la majorité des PME sont des sous-traitants de grands groupes, leur production n'est donc pas déterminée au niveau de la PME, elle n'existe que si elle correspond à la décision d'entreprises plus grandes. Donner des fonds publics à ces PME, c'est exactement comme aider une grosse entreprise, et cela n'empêchera nullement sa disparition et le licenciement des salariés, en cas de restructuration globale.


Le petit patron peut bien bosser autant que ses salariés, argument souvent utilisé pour faire croire qu'il en est proche socialement et que les intérêts sont les mêmes. En réalité, il est objectivement de par sa place dans le processus de production, un rouage de l'exploitation bourgeoise.


Mais la prétendue crise le confronte à une instabilité sociale grandissante : pris en étau entre le donneur d'ordres qui lui impose la baisse des salaires pour que le cout du travail soit le moins cher possible sous peine d'être lui aussi viré, c'est à dire de se voir retiré sa part de marché, et les salariés en colère, il se sent menacé dans son statut et rêve d'un retour à l'ordre ancien.


Le rôle de la petite bourgeoisie est flagrant dans la montée du fascisme, comme dans l'exemple historique italien: « La petite bourgeoisie, inconsciente comme à son habitude, a hésité, et le fascisme a su en profiter, se présentant à elle comme le représentant des intérêts de toute la nation, de tout le peuple ».


Tout le programme économique du FN par exemple s'adresse donc à ce qu'il appelle « classe moyenne » (dixit) .


capitalisme-crise-5.jpgQue propose-t-il aux prolétaires ?

 

Tous les documents programmatiques récents du Front reposent sur le même modèle , voici l'exemple des services publics. Cinq pages de critiques parfaitement justes sur les privatisations, l'accès aux services, l'augmentation des prix consécutifs à la privatisation. Les propositions sont en fin de texte, et là ...on rigole. Ainsi après avoir critiqué la « privatisation, » le FN propose que l'Etat soit « actionnaire majoritaire » des « ENTREPRISES «  de service public. Soit très exactement la poursuite de la privatisation, car une fois le service public transformé en entreprise , confronté à d'autres entreprises du même secteur, tout est plié. La preuve ? Le FN propose une vague « limitation » des hausses des tarifs de l'électricité, du gaz et autres... soit la même chose que la droite classique.Mais aussi la « modernisation » et la « compétitivité » des services publics, soit la pression sur ses salariés, et la suppression de tout ce qui n'est pas rentable.


Alors, le programme économique du F.N. est-il plus social avec le prolétariat ? Lorsque l’on clique sur « acteurs économiques et emploi » sur le site du F.N. nous tombons sur six documents : l’un sur la « crise de l’euro », l’un sur « comment sortir de l’euro ? », l’un sur « pourquoi sortir de l’Euro ? », l’un sur « sortir de l’euro créera du pouvoir d’achat ». En un mot comme en cent, absolument rien sur le problème principal de n'importe quel salarié, le SALAIRE, direct ou indirect.


Le parti des ouvriers ?

 

Sur le site, un tract sur trente les concerne. La moitié du texte présente l'argumentaire suivant : les sondages disent qu'un ouvrier sur trois va voter FN, alors nous sommes le parti des ouvriers...même si les mesures proposées sont exactement celles des autres partis , protection des emplois « industriels », alors que les ouvriers du tertiaire sont désormais majoritaires, taxation des « super-profits » ( c'est super, mais combien c'est exactement, « super » ? ), protection du « pouvoir d'achat » ( mais comment, on ne sait pas ).


En somme, le F.N. se fout du prolétariat, des précaires et des pauvres, ce qui l’intéresse c’est l’agriculteur propriétaire terrien, le petit commerçant, l’entrepreneur...ou plutôt leurs bulletins de vote . En réalité, historiquement, le fascisme n'a jamais entravé le développement du capitalisme et l'élimination de ses structures obsolètes, notamment celles qui donnaient à la toute petite bourgeoisie, quelques privilèges en échange de leur soutien à l'ordre dominant.


Maintenir l'ordre, mater les révoltes prolétaires, voilà le rôle dévolu par la bourgeoisie aux fascistes. Rien de plus.


La crise comme le fascisme vont donc s'épanouir de concert ces prochains mois.


La propagande médiatique continuera à présenter le Front, comme un parti de proposition , raison pour laquelle celui-ci n'a même pas besoin de réactualiser son programme, les médias inventent tous seuls des promesses « sociales » qui n'existent pas.


Quant aux prolétaires, ce sera à eux d'inventer et d'imposer le leur.

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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 11:23

Crise 1

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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 11:20

Crise 2

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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 20:17

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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 15:18

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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 08:25

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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 23:22

manifestation tchernobylVingt cinq ans depuis Tchernobyl....

 

Quelques semaines depuis Fukushima.....

 

Les capitalistes ont  bien été  forcés de commémorer les victimes officiellement, et de répéter devant l'humanité incrédule les mêmes conneries sur les accidents qui n'arriveront plus grâce aux progrès réalisés par l'industrie nucléaire.

Dans le monde entier, des mobilisations anti-nucléaire ont eu lieu. Mais la réponse de la bourgeoisie , ce 26 avril 2011 se résume en deux évènements.

 

En Biélorussie, pour la première fois depuis un quart de siècle, la dictature n'a pas autorisé les rassemblements qui ont lieu chaque année à Minsk.  Le lendemain de la venue de François Fillon dans la capitale biélorusse, pour vanter les progrès du nucléaire, chacun des mille manifestants venus défier courageusement le pouvoir a été contrôlé et fouillé, tandis qu'une douzaine d'entre eux étaient violentés et arrêtés.

 

Ce n'était même pas une provocation idéologique volontaire de la dictature en cette date symbolique, juste les nécessités de la production capitaliste. La Biélorussie vient de signer un accord pour la construction de nouvelles centrales avec la Russie, il est donc hors de question pour les investisseurs de laisser le moindre mouvement de contestation exister, de crainte que la mobilisation ne s'amplifie et dérange les projets en cours.

 

En Ukraine, les 2000 liquidateurs survivants qui ont défilé la semaine dernière n'ont pas entamé la volonté du gouvernement de maintenir les nouvelles mesures prises cette année: la retraite de ces travailleurs sacrifiés est passé de 150 à 100 euros, tandis que la plupart des traitements encore remboursés l'an passé ne le sont plus.

 

Vingt cinq ans après Tchernobyl, quelques semaines après Fukushima, la bourgeoisie n'a pas besoin de longs discours pour délivrer son message: les prolétaires devront continuer à mourir du nucléaire, la survie du capitalisme est à ce prix.

 

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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 13:33

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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 17:30

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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 09:53

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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 09:13

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REDSKINHEADS UNITED !

 

Ce blog s'adresse à tous les redskinheads francophones et internationaux constitués en R.A.S.H ou en groupes autonomes. Ce blog signe aussi l'ouverture du mouvement vers les skinheads spirit 69 et les S.H.A.R.P. Ce blog assume son aspect anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Les "skinheads" apolitiques et  boneheads, parasites du mouvement "skinhead" sont nos ennemis de classe et ne sont pas admis ici. Ce blog s'adresse aussi à celles et ceux pour qui "skinhead" est encore, hélas, synonyme de fasciste, afin de  leur démontrer le contraire. Enfin, ce blog s'ouvre également vers les cultures proches (Reggae,Ska-Soul et Punk).

Working Class Pride!
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IN HOC SIGNO VINCES!

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REDSKINS POWER

 

 

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