Antisexisme-Birdys

Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 18:01

 

Si une lutte antifasciste a persisté au fil des années, c'est bien celle de la défense de l'IVG contre ceux qui voudraient la remettre en cause.

Lutte de classe de plus en plus virulente, regroupant travailleurs et usagères des centres menacés de fermeture. Lutte de masse, si l'on prend la peine d'additionner les multiples rassemblements de défense organisés devant ces centres dès que les fascistes et les intégristes veulent y organiser leurs prières. En ces temps ou l'on peine à mobiliser contre les fascistes en général, ceux-ci n'ont quasiment jamais pu appeler à se rassembler devant les hôpitaux sans trouver en face d'eux des manifestant(e)s déterminé(e)s et en nombre.

Pourtant, alors que les anti-IVG n'étaient que quelques centaines dans les rues, il y a dix ans, ils sont des milliers aujourd'hui, dont une partie n'appartient pas aux mouvements fascistes organisés.

Surtout, même si les médias ne cessent de communiquer sur le nombre d'IVG qui serait « trop » important, en réalité de plus en plus nombreuses sont les femmes qui renoncent à avorter et pas par réel désir de l'enfant : mais parce que l'IVG leur fait peur, parce qu'elles ont l'impression de faire quelque chose de mal, qu'elles soient croyantes ou pas, pratiquantes ou pas.

Nombreuses sont celles aussi qui se retrouvent confrontées à des travailleurs sociaux ou à des personnels médicaux hostiles.

Si tout ceci arrive, c'est que les anti-IVG ne font pas que marcher, et sont loin d'avoir la prière comme seule arme.

En réalité, même s'ils ne portent pas la croix en bandoulière on les retrouve partout : dans ces trois articles rédigés au cours des années 2010 et 2011, on les trouvera à la tête de l'actionnariat d'une société HLM ou d'une entreprise de courtage en assurance, en colloque au sein même de l'Assemblée Nationale, derrière un sondage soi-disant neutre qui a fait le tour de tous les médias, même de gauche, à la tête d'organismes soutenus par les pouvoirs publics et censés aider les jeunes femmes en détresse.

On verra aussi comment les femmes qui cherchent de l'aide ou des infos suite à une grosesse non désirée se retrouvent sur des sites d'apparence neutre et informative qui les trompent sur la réalité , notamment en termes de droits sociaux.

Bien loin d'être un enjeu sociologiquement neutre, l'accès à l'IVG est bien un enjeu de la lutte des classes : derrière le discours victimaire des intégristes et des fascistes qui se présentent comme des rebelles opprimés , la réalité est au contraire celle d'une parfaite collaboration entre entreprises, institutions et anti-IVG.

A l'inverse, la résistance et la défense de l'IVG passent avant tout par le mouvement de classe plus global de défense de l'hôpital public et de l'accès aux soins pour tous.

 

Pour lire la brochure, clicker ici ou sur l'image ci-dessous

 

anti-ivg.JPG



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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 18:10

 

319682_268172739869742_121612214525796_927559_534318310_n.jpg2011 restera une grande année pour les catholiques intégristes :celle où ils sont enfin apparus comme un mouvement massif et offensif, à l'occasion des deux mobilisations contre des pièces de théâtre , et précédemment contre une œuvre d'art contemporain, dégradée en plein jour dans un musée.

 


Dans ces trois occasions, la ligne a été très dure et très éloignée des apparitions habituelles du mouvement sur le front de la lutte anti-IVG : cette fois, on ne se contente plus de prier, on ne marche plus tranquillement avec ses enfants, mais on affronte les forces de l'ordre et on défend les actes de violence matérielle et physique. D'ailleurs l'appel lancé par CIVITAS pour les manifestations contre les théâtres était sans ambiguité aucune dirigé vers la jeunesse fasciste dont les membres se sont pressés d'y répondre.

 

Pourtant une stratégie ne chasse pas l'autre : moins médiatisées , les prières devant les établissements pratiquant l'IVG se sont multipliées, et ce n'est pas un hasard si l'hôpital Tenon, où le centre n'a été maintenu que par une mobilisation exemplaire des personnels et de la population en est désormais une cible régulière.

 


Le combat pour le droit à l'IVG est bien un combat de classe : non seulement parce que ce droit ne peut être garanti aux femmes prolétaires que par l'existence concrète de structures leur permettant d'y avoir accès, mais aussi parce qu'il trouve en face de lui une bonne partie de la bourgeoisie, dont la mobilisation n'est pas seulement idéologique mais aussi pratique.

 


L'importance de cette mobilisation, notamment en terme d'investissement financier de la part d'enseignes capitalistes qui pour autant ne tiennent pas à être mises en cause publiquement, explique la différence d'approche des activistes de terrain de l'intégrisme catholique, qui ces dernières années ont cherché à donner une apparence plus ouverte et pacifiste à leur mouvement spécifique contre l'IVG.

 

La violence directe contre les structures d'accès aux droits pour les femmes mettrait en effet en danger des initiatives aussi diverses que des contrats d'assurance anti-IVG ou le contrôle de structures sociales agrées par les autorités par des militants de la cause.

 

Qu'est-ce qu'un contrat d'assurance anti-IVG ? C'est la souscription à une complémentaire santé qui exclut toute prise en charge de frais annexes liées à une éventuelle interruption de grossesse. En France, c'est possible grâce à une société de courtage en assurances, Assurethic fondée par un militant catholique de longue date.

 

Celle-ci finance nombre d'activités liés aux anti-IVG, notamment les maisons Tom Pouce , dont nous reparlerons plus loin dans cet article, mais aussi par exemple le Tour du monde «  pro-vie » d'une catholique intégriste québécoise, qui donne l'occasion de médiatiser la cause.

 

Libre choix de chacun de consommer «  pro-vie » ? Pas seulement. L'objectif de cette société de courtage est aussi et surtout de constituer une force collective qui permettrait de faire pression sur les assureurs existants, en conditionnant la souscription de contrats chez eux au respect de certaines clauses : non-investissement dans la prise en charge de soins relatifs à l'IVG, mais aussi à l'euthanasie ou à ce que les anti-IVG appellent l' « eugénisme » et donc par exemple, la procréation médicalement assistée.

 

Ce n'est pas un petit enjeu  : la Sécurité Sociale ne rembourse que 80 % de l'IVG proprement dite en milieu hospitalier et 70% pour l'IVG médicamenteuse. Les mutuelles ont parfaitement le droit de ne pas proposer le complément, c'est déjà le cas pour certaines d'entre elles.

 

D'ores et déjà, beaucoup de femmes n'ont pas de mutuelle et doivent donc acquitter ces frais, si elles ont des revenus trop hauts pour la CMU.

 

Aujourd'hui, les catholiques intégristes n'ont pas les forces suffisantes pour faire pression sur les grands assureurs, mais des initiatives comme Assurethic sont la base d'initiatives massives qui pourront organiser par la suite la pression collective nécessaire.

 

Et ce d'autant plus que leur point de vue est soutenu par une fraction grandissante de la bourgeoisie qui met la main à la pâte, de manière suffisamment indirecte pour ne pas souffrir de ce soutien.

 

Les plannings familiaux ferment ou se débrouillent avec des bouts de ficelle. Les hôpitaux sont surchargés, les foyers d'hébergement pour femmes surpeuplés et souvent dégueulasses.

 

Mais, « étrangement », au milieu des annonces perpétuelles de fermeture de structures sociales et sanitaires, quelques exceptions attirent l'oeil, par exemple le réseau des Maisons Tom Pouce, qui accueille exclusivement des jeunes femmes enceintes dans la précarité...

 

Sur le site de ces foyers, qui se sont multipliés ces dernières années, les photos d'intérieur tout neuf et coloré , meublé avec soin, installés dans des maisons avec jardin contrastent avec l'état habituel dégradé des structures d'aide sociale.

 


Les maisons Tom Pouce travaillent avec l'agrément de l'Aide Sociale à l'Enfance dans plusieurs départements : ce qui étonne, c'est qu'il n'est même pas nécessaire d'être originaire du département ou se situe le foyer pour y être accueillie. D'habitude , en ces temps ou chaque élu local n'a qu'une obsession, ne pas récupérer de nouveaux pauvres, cette possibilité est inexistante...

 

Pour être accueillie en Maison Tom Pouce, quand on est une femme en début de grossesse, sans domicile fixe , et sans ressources, une seule condition ….poursuivre sa grossesse.

 

Un hébergement stable , pendant quelques mois, un suivi social, et la perspective même illusoire de sortir de la précarité la plus absolue, c'est évidemment un élément de poids lorsqu'on doit prendre sa décision de garder ou non un enfant.

 

319208_242101492518328_101335036594975_708965_1838436676_n.jpgLes Maisons Tom Pouce ont été fondées par une militante catholique opposée à l'avortement, soutenue par la Fondation Lejeune et SOS Futures Mères . Nous avons évoqué cette genèse de la structure dans un précédent article.

 

Mais aujourd'hui, en plus de l'agrément des autorités et du soutien sans faille des catholiques intégristes, les Maisons Tom Pouce ont d'autres ressources , dont ne bénéficient évidemment pas d'autres structures sanitaires et sociales : le soutien de nombreuses grosses entreprises.

 

Parmi elles , Carrefour, Schneider HP, ou les cuisines Schmidt apportent une aide financière ou en nature. Les Maisons Tom Pouce sont aussi aidées par d'autres entreprises au travers de l'utilisation du service civique ou du mécénat.

 

Et ceci s'ajoute à un financement en Seine et Marne au moins par le secteur public, en l'occurence par le Conseil Général.

 

Bien sûr, la responsable de Tom Pouce Marie Noêlle Couderc, comme ses soutiens tiennent un discours rassurant : les opinions personnelles des fondateurs et tenants de la structure n'interféreraient aucunement avec l'activité. Et on peut se dire qu'il vaut mieux des structures pour femmes enceintes, même si la même attention n'est pas accordée aux autres que pas de structures du tout.

 

Mais toute cette aide des entreprises et des pouvoirs publics , alors que l'accès à l'IVG est restreint et délaissé , ne s'adresse pas à une structure neutre. Bien au contraire, celle-ci est utilisée pour promouvoir le discours anti-IVG.

 

Il suffit de parcourir la lettre régulière de l'Association pour en faire la preuve . Celle de décembre 2007 est édifiante : elle contient le récit du destin d'Emma, violée dans un parc, tombée enceinte et qui gardera son enfant grâce à l'aide des Maisons Tom Pouce alors que son environnement familial y était défavorable et qu'elle même hésitait. Il est suivi d'un plaidoyer...pour la béatification du Professeur Lejeune

 

La rubrique «  On en parle » du site est elle aussi très claire, en voici un extrait :

 

« Depuis la création de notre association, notre vocation n’a pas changé : être là quand une future maman a besoin d’aide. Le nombre d’avortements, de son coté, n’a pas diminué, bien au contraire. Mais il apparaît que la nouvelle génération se pose désormais la question du bien fondé de cet acte irréversible : assisterait-on à une prise de conscience ?

 

Lorsque nous discutons avec des jeunes gens, nous ne ressentons ni agressivité ni indifférence, mais bien plutôt de l’intérêt lié à une écoute attentive. Tous savent de quoi nous parlons, toutes ces situations sont pour eux éloquentes car bien souvent il les ont rencontrées dans leur famille ou auprès de leurs amis. Mais que faire quand la grossesse surgit ?
Notre rôle prend alors tout son sens : Nous tous devons être là pour intervenir lorsque le problème survient, pour pallier l’absence de l’entourage démissionnaire vers lequel la future maman devrait tout légitimement trouver du secours. »

 


On trouve également un choix de chansons anti-IVG, dont celle dont les médias ont beaucoup parlé , Aurélie de Colonel Reyel .

 

Marie Noelle Couderc a tout a fait le droit de vivre ses idées en tant qu'individu...mais c'est bien en tant que directrice d'une structure financée par les pouvoirs publics, et donc en violation totale de la neutralité afférente à sa fonction qu'elle intervient dans des journaux catholiques ou elle affiche l'objectif de son projet : «  sauver des « enfants » de l'IVG ».

 

C'est aussi avec son titre professionnel qu'elle participera à un colloque chrétien contre la théorie du genre en janvier 2012 .Ce ne sera pas le premier, puisque les Maisons Tom Pouce ont par exemple été présentées dans un congrès de l'Union pour la Vie en 2010, l'Union pour la Vie réunissant un conglomérat d'anti-IVG, notamment ceux qui manifestent devant les hôpitaux, par exemple SOS Tous Petits.

 

381834_303456326341383_121612214525796_1047608_105386567_n.jpgCes dernières semaines, féministes, députés, sénateurs de gauche et de droite se sont lancés , à partir de l'affaire de la crèche Babyloup dans une vaste campagne, qui aboutira bientôt à une loi : il s'agirait de faire respecter la « laicité » en interdisant aux salariées des crèches, mais aussi aux assistantes maternelles de porter le voile, dans l'exercice de leur activité professionnelle. Une récente décision du Conseil d'Etat valide également le principe de l'interdiction des sorties scolaires aux mère de famille voilées.

 

Quoi qu'on pense de la religion ou du port du voile, ces prises de position et ces décisions politiques ont en tout cas deux caractéristiques : le débat a visé uniquement l'islam, et surtout ce sont à la finale des croyantes individuelles, dont des salariées qui feront les frais des mesures prises.

 

Dans le même temps, des structures ouvertement partisanes de la vision catholique intégriste bénéficient à la fois du soutien de grands patrons et du financement public, sans même qu'un minimum de réserve soit exigé de la part de ses responsables.

 

Dans le combat pour leur liberté, les femmes sont donc bien seules : et l'indignation morale, de même que les mobilisations contre les manifestations publiques des catholiques intégristes ne suffiront pas. Heureusement, les luttes qui ne cessent de se mener , qui unissent usagères et travailleuses des plannings familiaux, des établissements hospitaliers ne cessent de s'intensifier notamment contre les fermetures de centre.

 L'espoir antifasciste comme souvent nait bien de la force de la lutte des classes.

 

 

 

Sur les stratégies des anti-IVG, retrouvez nos précédents articles:

 

Les anti-IVG ne font pas que marcher

 

Avortement : attention aux donneurs de conseils bénévoles

 

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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 07:41

antisexisme

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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 22:50

 elena.jpg " Haïr quel ennui"... C'est la phrase qui figure en haut du blog d'Elena Kostoutchenko.

 

Elena a 23 ans, elle est journaliste. En Russie, ce qui change tout.

 

Là bas, ce n'est pas un métier comme un autre quand on a décidé de le faire correctement. Elena a fait partie de celles qui ont relayé la lutte contre la destruction de la forêt de Khimki, et décrit les méthodes barbares des capitalistes du groupe français Vinci et du pouvoir russe pour imposer la construction d'une autoroute payante mortifère pour la forêt et pour les hommes.

 

Comme d'autres militant(es) et journalist(e)s, Elena aurait pu se faire tabasser par les néo-nazis à la solde des autorités russes pendant ce combat là.

 

Mais c'est à un autre moment de sa vie militante que les fascistes et les flics lui sont tombés dessus.

 

Quelques jours avant la 6ème Gay Pride , Elena a annoncé sur son blog qu'elle y participerait et pourquoi: nous reproduisons sa lettre aux homophobes ici. Elle osait s'y dire confiante en l'avenir, en l'amour et en la victoire des combats pour l'égalité et la solidarité qu'elle mène avec d'autres.

 

Il en faut de la confiance et de l'espoir pour oser manifester publiquement en Russie. Le 1er mai, les homosexuels, les lesbiennes et leurs camarades avaient certes été autorisés à défiler, mais à l'écart des autres, ...près d'un cimetière.

 

Ce 28 mai, après avoir clamé partout qu'elles allaient peut-être autoriser la marche des Fiertés, histoire d'avoir un peu d'articles élogieux dans la presse internationale, les autorités russes l'ont interdite comme les cinq précédentes. Elena et ses camarades y sont allés quand même.

 

Les nazis et la police ont attaqué ensemble la manifestation: la collaboration entre les fascistes et le pouvoir est quotidienne en Russie et dans les pays avoisinants, mais rarement avait-elle été aussi évidente.

 

Elena a été tabassée , arrêtée puis hospitalisée.

 

La répression n'a malheureusement rien d'extraordinaire en Russie. Pas plus que la violence fasciste qui se déchaîne.

 

L'extraordinaire réside dans la force des mouvements de jeunesse: malgré la violence, malgré la peur comme mode de gouvernement, sur tous les fronts, ils ne cèdent pas.

 

En France à Tours , cette année, le préfet a pris exactement le même prétexte que les autorités russes pour essayer de s'opposer à la Marche des Fiertés: le risque du trouble à l'ordre public causé par les réactions homophobes et l'obligation pour les manifestants de prouver qu'ils pouvaient se défendre eux-même. A Nantes, les néo-nazis ont pu crier leur haine tranquillement au bord du cortège, pas à cause de leur propre force, mais parce qu'ils étaient protégés par des cordons de policiers.

 

L'ennemi est partout le même, solidarité sans frontières !

 


 

 

Lettre d'Elena , publiée sur son blog avant la Gay Pride.

 

 

 

HOMOPHOBIA […] Nous sommes ensemble depuis deux ans. […] Nous avons emménagé ensemble au bout de deus semaines. Je ne l'ai pas regretté un instant. Je voudrais passer toute ma vie avec elle.

 

[…]

 

C'est un bonheur tout à fait ordinaire. Je ne crois pas qu'il soit très différent du vôtre.

 

[…]

 

Nous aimerions enregistrer notre relation. […] Nous sommes des femmes majeures et capables, citoyennes de la Fédération de Russie, nous travaillons beaucoup et bien, payons des impôts, nous n'enfreignons pas les lois et nous nous aimons - nous voudrions officialiser notre union.

 

Nous aimerions que l'Etat nous reconnaisse comme de la même famille. Pas seulement comme de la même famille, mais comme conjoints, avec tout ce que cela implique. Nous voudrions pouvoir prendre un emprunt familial. Obtenir une assurance-santé familiale […]. J'aimerais que ma femme se sente sécurisée dans les procès en succession qui pourraient suivre ma mort. Je voudrais qu'elle ait la possibilité de ne pas témoigner contre moi en justice. Et si je me retrouve un jour aux urgences (ce qui, avec ma santé, est malheureusement plus que probable), je voudrais que ce soit elle qui prenne les décisions.

 

Nous aurons des enfants. Vous, mes chers homophobes, pouvez bien en ce moment [vous conchier] de l'autre côté de vos écrans d'ordinateur, nous aurons quand même des enfants. Nous les aimons d'avance et nous réjouissons beaucoup. Et s'il le faut, nous nous mettrons en quatre pour qu'ils soient heureux. Et certes, nous voulons figurer toutes les deux sur les actes de naissance de nos enfants. Nous voulons - toutes les deux ! - être les représentantes des intérêts de nos enfants à l'école, chez le médecin, et (Dieu nous préserve !) à l'hôpital et au tribunal. […] NOUS EXIGEONS DES GARANTIES que, en cas de mort de la mère biologique, nos enfants ne seront pas envoyés dans un orphelinat pendant que la seconde mère s'efforce de prouver à ces [conneries] d'organes russes de tutelle qu'elle n'est pas une étrangère pour ces enfants.

 

[…]

 

Tout ce qui est écrit plus haut a rapport à votre question “quel besoin ont-ils de parades si l'article du code pénal [criminalisant l'homosexualité masculine] n'existe plus ?” et “baisez tranquillement dans votre coin et personne ne touchera à vous.” Désolée, mais nous voulons un petit peu plus que “baiser tranquillement dans notre coin.” Nous voulons une vie humaine normale. Quelle horreur, non ?

 

[…]

 

Ça ne me plait pas quand vous voulez voir crever les pédés dans les commentaires. […]

 

C'est encore pire quand des gens apparemment mûrs qui ont l'air intelligent et parlent correctement le russe commencent à évoquer la “propagande de l'homosexualité.” Mes chers, vous êtes sérieux ? […] Je comprends que vous ne veuillez pas lire tous ces ennuyeux travaux scientifiques et recherches d'anthropologues, sociologues, psychologues, sexologues et historiens. D'accord, ils sont assommants. Mais alors mettez en marche vos cerveaux. L'absolue majorité des homosexuels russe sont nés et ont grandi dans des familles hétérosexuelles en Union Soviétique, où [il n'y avait même pas de sexe [en anglais]], et encore moins de gays. Alors d'où venons-nous ? […]

 

[…]

 

J'enrage quand des camarades ignorants recommandent que “les homos suivent un traitement.” Traitement de quoi, [merde] ? L'homosexualité a été officiellement retirée de la lite des pathologies, au plan international et dans notre pays. […] Pour que ce soit plus facile à comprendre, une variation de la norme, c'est comme pour les cheveux : il y a des bruns, des très blonds et des roux. On ne rencontre pas trop souvent des rouquins, mais aucune personne de bon sens ne proposerait de soigner quelqu'un parce qu'il est roux. […]

 

Certains de ceux que je considèrent comme des amis disent : “tu as raison, mais dans ce pays…” Et enchaînent avec un message appuyé sur la culture, la religion, les moeurs sociales… nationales, avec une allusion finale à l'émigration. Je m'abstiens de leur rappeler que les traditions de “ce pays” incluaient encore récemment l'esclavage et les exécutions de masse, et que la culture et la religion nationale, tout comme les moeurs sociales, les toléraient fort bien. Je ne le leur rappelle pas parce que je crois que notre pays mérite mieux. […] La Russie va changer, elle change déjà.

 

Et cela sera, même si vous salauds, m'écrasez la tête avec une batte de base-ball [à la parade de la Gay Pride aujourd'hui].

 

Parce que l'amour et le bon sens sont toujours plus forts - même si ce n'est pas tout de suite - que la haine et [la bêtise].

 

C'est ainsi que va ce monde, et les gays n'y sont pour rien. […]

 

Traduction Global voices

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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 08:30

Une marche de nuit non-mixte , ces jours ci encore plus que les autres, ça nous fera du bien.

 

Après une semaine où les sexistes bien de chez nous se sont lâchés comme jamais pour défendre leur pote trousseur de domestiques, et en attendant la suite, qui ne sera sûrement pas mieux...Marcher seulEs et ensemble, aux heures où, isolée , ce n'est pas toujours évident.

 

La marche de nuit non-mixte, c'est aussi une bonne alternative pour toutes celles qui n'avaient pas forcément envie d'aller dimanche à Beaubourg, manifester contre le sexisme sous l'oeil des médias, et pour se retrouver un peu en faire valoir des politiciennes et politiciens venus aussi faire campagne. Une marche de nuit non-mixte , c'est aussi une initiative simple, mais offensive, un peu plus qu'un rassemblement devant un musée.

 

Cette année, le point de départ sera l'hôpital Tenon, et ça nous fera une bouffée d'optimisme , car la réouverture de son centre IVG à la suite d'une lutte déterminée et solidaire montre que le mouvement n'est pas seulement capable d'indignation défensive et symbolique.

 

 

 

lucioledansla-nuit.jpgMarche de nuit, le 11 juin, à 20h

 

 

 

Détruisons ces nuits qui font de nous des proies. Ces nuits qui révèlent que nous sommes traitées le jour comme un vivier à piller, à faire plier et à exploiter.

 

Brisons l’isolement en reprenant ensemble la rue, nous qu’on tente de classer : voilées/non voilées, mères/sans enfants, putes et pas putes, blanches ou non blanches, lesbiennes, hétéros ou bi, avec ou sans papiers, solvables ou précaires, belles ou moches.

 

Au quotidien, nous sommes régies par des figures imposées, seuls horizons valorisants : couple, famille, travail. Mais le soleil se couche à l’horizon !

 

Cette nuit, le 11 juin, nous piétinerons de toutes nos singularités les rôles que nous imposent la famille, le couple, l’état, le patriarcat, le capitalisme.

 

Nous marcherons en non mixité pour défoncer nous-même les portes sans attendre qu’on nous les ouvre, pour nous sentir libres et pour nous approprier la nuit. Nous ne voulons plus d’une laisse quelle qu’en soit la longueur.

 

Notre autonomie, nous l’inventons et la construisons seulEs, ensemble.

 

 

FEMINISTES trans, lesbiennes, femmes, filles, faisons de la rue le lieu de nos rages collectives !

 

 

affiche_marchenuit2011.jpg

 

 

Départ de la marche à 20h, devant l’hôpital Tenon, métro Gambetta ou Pelleport

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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 21:48

fight sexism

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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 12:38

fight sexism

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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 00:05

féminisme « Monsieur s'occupait aussi d'œuvres charitables et politiques : Ligue contre l'enseignement laïque… Ligue contre les publications obscènes… Société des bibliothèques amusantes et chrétiennes… Association des biberons congréganistes pour l'allaitement des enfants d'ouvriers… Est-ce que je sais ? » (p.274)

 

« Quand il s'était assouvi, je redevenais instantanément la créature impersonnelle, la domestique à qui il donnait des ordres et qu'il rudoyait de son autorité de maître, de sa blague cynique de gamin. Je passais sans transition de l'état de bête d'amour à l'état de bête de servage… […]

 

« D'abord, mademoiselle, on ne vous croira pas… Et c'est juste, remarquez bien… Que deviendrait la société si un domestique pouvait avoir raison d'un maître ?… Il n'y aurait plus de société, mademoiselle… ce serait l'anarchie… »

 

« Ah ! qu'une pauvre domestique est à plaindre, et comme elle est seule !… Elle peut habiter des maisons nombreuses, joyeuses, bruyantes, comme elle est seule, toujours !… La solitude, ce n'est pas de vivre seule, c'est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s'intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu'un chien, gavé de pâtée, ou qu'une fleur, soignée comme un enfant de riche… des gens dont vous n'avez que des défroques inutiles ou les restes gâtés : _- "Vous pouvez manger cette poire, elle est pourrie… Finissez ce poulet à la cuisine, il sent mauvais…"
Chaque mot vous méprise, chaque geste vous ravale plus bas qu'une bête… Et il ne faut rien dire ; il faut sourire et remercier, sous peine de passer pour une ingrate ou un mauvais cœur… Quelquefois, en coiffant mes maîtresses, j'ai eu l'envie folle de leur déchirer la nuque, de leur fouiller les seins avec mes ongles…
Heureusement qu'on n'a pas toujours de ces idées noires… On s'étourdit et on s'arrange pour rigoler de son mieux, entre soi. »

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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 21:46

feministe-DSK.JPGSur Dominique Strauss Kahn lui-même, les militants sérieux ne devraient rien avoir à dire de plus que ce qu’ils disaient il y a trois jours.

 

Que la vie privée d’un bourgeois capitaliste corresponde ou non à la domination qu’il exerce sur les prolétaires dans sa vie publique n’a aucun intérêt pour des révolutionnaires.

 

Quant à la présomption d’innocence pour le crime particulier dont il est accusé aujourd’hui, on n’en a rien à faire non plus, au sens ou sa culpabilité et celle de sa classe dans la destruction de nos vies sont avérées depuis bien longtemps.

 

L’indifférence totale vis-à-vis de ce qui lui arrive est donc la seule réaction logique à avoir.

 

Mais aujourd’hui comment ne pas s’identifier à une femme de ménage que nous ne connaissons pas ?

La colère, et le dégout ne sont pas conditionnés au fait de savoir si elle a bien été violée.

Ce qui lui a été fait ces dernières quarante-huit heures par les médias et une bonne partie des politiques est au moins aussi grave.

 

Ce matin, c’est France 2, et donc un média qui représente l’Etat français qui a dévoilé son identité , alors que les médias américains s’y refusaient pour le moment.

Désormais cette femme, sa fille ne pourront  échapper à la publicité totale de ce qui est arrivé, non seulement dans les médias mais aussi dans leur vie quotidienne, en allant à l’école , en allant faire leurs courses, dans l’escalier de leur immeuble.

 

Celles  qui ont subi une agression à caractère sexuel le savent : quand il s’agit de décider si l’on va ou non porter plainte, au moins autant que la peur de l’agresseur, entre en compte la peur de devenir pour les siens, pour les gens que l’on cotoie «  la femme qui s’est fait violer ». C’est comme ça dans tous les milieux, car la société patriarcale est partout. La pensée qu’on va avoir à supporter ce regard sur notre intimité détruite est insupportable, même si l’on ne craint pas de réactions ouvertement hostiles. On ne veut pas être « ça », cette « femme là ».

 

La garantie de l’anonymat et de la discrétion est donc essentiel dans ces moments après l’agression.

 

Aujourd’hui le message délivré par les médias , par la culture sexiste et capitaliste est clair : en France, cela ne se passe pas comme ça, et on ne vous garantit rien, tout dépendra de qui est votre agresseur présumé.

A  l’oppression de classe, exprimée par les commentaires sur la « laideur de la bonniche », le bourgeois étant supposé faire un choix raisonnable de sa marchandise vivante, dans ce domaine comme dans les autres, répond l’oppression sexiste, qui ne s’exprime pas uniquement dans la divulgation de l’identité de cette femme.

 

Dans les informations dévoilées aujourd’hui, il  y aussi sa taille. Elle fait plus d’1m80, nous dit-on, incidemment, au moment ou l’on nous dit également que DSK plaidera peut-être le rapport sexuel consenti. Ce que cette révélation signifie, les porcs sexistes l’ont très bien compris…Commentaires innombrables sur l’ "étrangeté" du viol « par fellation », parce que franchement, une femme peut toujours mordre le sexe de l’homme, si elle ne le fait pas, c’est quand même « parlant ». Et si en plus elle est grande face au petit DSK…

 

Au fond tout ceci n’est que la remontée et l’explosion des vieux préjugés de notre culture française : le viol, c’est bien autre chose que des actes à caractère sexuel après un « non » exprimé par la victime, il faut de la violence physique, il faut une pénétration vaginale de préférence, il faut qu’il n’y ait eu aucune « ambiguité » dans le comportement de la femme.

 

Voilà toutes les conditions que l’on est en train de rappeler à TOUTES les femmes , et en premier lieu aux prolétaires.

 

Et puis au sexisme, s’ajoute le racisme : l’importance accordée au pays d’origine de la jeune femme est présente dans tous les médias. Il a d’abord été précisé qu’elle n’était pas afro-américaine, donc pas américaine, et depuis spéculation sans fin sur son pays d’origine, le Ghana, la Guinée…

 

Ces deux derniers jours, nous sommes beaucoup de femmes à être abasourdies devant le flot de sexisme qui se déverse brutalement à l’occasion de cette affaire DSK, incapables de recenser tous les propos ignobles entendus tant ils sont nombreux.

 

Nous sommes aussi oppressées par le rappel permanent de la « présomption d’innocence » à chaque fois que nous disons notre colère devant certains propos, et même si nous ne disons rien sur l’agression en elle-même.

 

C’est comme un réveil brutal pour toutes celles qui se croyaient en sécurité, égales des hommes, et vivant dans un pays ou l’on peut au moins parler de l’oppression sexiste sans être stigmatisée ou raillée, pour toutes celles aussi que l'on avait persuadé que le péril contre leur liberté venait de l'étranger, de l'"islamiste" et pas de nos bons hommes à nous.

 

Pourtant ce que nous affrontons toutEs depuis deux jours est parfaitement logique et prévisible : la parole « française » s’est à nouveau libérée. Le chauvinisme bestial est devenu depuis quelques années une composante fondamentale du discours dominant : les minorités d’origine immigrée ont été les premières victimes visibles de ce chauvinisme, fait d’arrogance et d’auto-valorisation de la culture française, la plus progressiste du monde , qui à ce titre peut stigmatiser toutes les autres.

 

Aujourd’hui, DSK devient le français par excellence, le symbole nationaliste de la France forte et mondialement respectée,de sa bourgeoisie grivoise et bonne vivante. Saucisson, pinard et petites danseuses au dessert.

 

Les femmes sont sommées de se taire et de s’incliner devant l’homme à femmes, tout simplement.

 

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la théorie du complot est une nouvelle fois appelée à la rescousse, comme principal arguments de ceux qui tout en invoquant la présomption d’innocence pour DSK on déjà décrété la victime coupable. Les théories conspirationnistes ne servent qu’à masquer la réalité des rapports de classe, en stigmatisant toujours une minorité oppressée ou une autre à la place de la bourgeoisie.

Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que DSK, cible privilégiée des antisémites, désigné comme un des dirigeants du grand complot « mondialiste » devienne brusquement la victime …de ce même complot « mondialiste » dont les agents sont TOUJOURS des minorités, les juifs, les étrangers, les femmes, maintenant.

 

Et pour toutes celles qui s’imaginaient que les socialistes étaient le rempart raisonnable et progressiste à la barbarie d’extrême droite, aux attaques contre les femmes en tout genre, c’est sans doute la déclaration de Jean Christophe Cambadélis , au milieu d’autres, qui résume le mieux les conceptions de ces gens là… «  Le temps de la défense et de l’amitié est arrivé », a-t-il dit aujourd’hui,.

 

Soit à peu près ce que disent tous les potes de tous les violeurs du monde, lorsqu’à un proçès , on leur demande pourquoi ils n’ont pas dénoncé un agresseur, ou pourquoi ils lui ont fourni un alibi.

 

DSK on s’en fout, on ne veut plus de sexisme du tout .

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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 11:14

RS2F TRIPLE  
Voici une sélection de textes que nous avons consacrés "aux questions féminines" (sic!), c'est-à-dire à celles de la libération nécessaire des femmes au sein du mode de production capitaliste. Ces questions ne sont pas stricto sensu "féminines" au sens où elles n'intéressent que les femmes de manière "genrée", mais doivent intéresser tout révolutionnaire. C'est pourquoi, nous parlons de la TRIPLE OPPRESSION, oppression que subissent toutes les femmes dans un mode de production capitaliste entre le patriarcat, le sexisme, le capitalisme et aussi... pour nous antifascistes, le fascisme à venir, qui s'en prendra forcément aux femmes.

 

La TRIPLE OPPRESSION c'est la contradiction de front pour les femmes entre leurs problématiques spécifiques et le patriarcat, le capitalisme et le racisme, thématiques que nous avons essayé de développer à partir d'exemples concrets:

La lutte anti-IVG et ses arcanes,

la célébration des révolutionnairEs,

et d'autres sujets à venir.

 

La libération des femmes  est l'affaire de tous!

Haro sur le SEXISME!

 

 

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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 07:19

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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 11:29

Dans l'affaire DSK, on parle beaucoup du patron du FMI, du présidentiable. Homme d'influence... donc se profile la thèse du complot. Or, DSK est un sinistre inconnu outre-atlantique, on se moque de ses ambitions politiques. En France, pays hyper sexiste, nul mot sur la victime "présumée" comme on dit avec empressement. Et très vite, de victime, la victime devient bourreau, rouage d'un complot, simple pion pour certains, succube totale pour d'autres...une vulgaire femme de ménage, comment peut-elle intéresser un "cerveau" comme DSK? Après tout une femme est un être malin, elle a pu vouloir faire chanter un millionnaire "au-dessus de tout soupçon", dont les affaires de moeurs ont été étouffées en France. Elle a pu monnayer ses charmes pour piéger. De la femme prolétaire, travaillant dans un palace pour une paye de misère, nul mot, même le directeur de l'hôtel doit la défendre dans un communiqué devant l'opprobre française. La grande bourgeoisie ne méprise rien tant que les travailleuses. Une femme forcement retorse devrait rester à la maison et élever les mômes et signe de ce fait: la "mère supérieure" Christine Boutin, patronne du parti chrétien-démocrate, défend le sexiste social-démocrate DSK. Nous nous pensons à notre sœur trainée dans la boue dans notre pays où "l'esprit français" suppose la domination écrasante des plus faibles, dont les femmes.
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 10:54

AFP_110126manifestations-egypte-caire_8-copie-1.jpgQuand on vit quotidiennement la dégradation des conditions d’accès au peu de droits qui nous restaient, les débats sur la "laicité" ont souvent un goût de surréalisme amer : qu’il s’agisse de l'offensive contre des jeunes filles de Saint-ouen stigmatisées et menacées d’exclusion pour la taille de leurs jupes ou des dernières déclarations de Claude Guéant sur la « menace » représentée par les patientes de confession musulmane à l’hôpital.

 

Chaque année en Seine Saint Denis notamment, au mois de septembre des milliers de jeunes se retrouvent désormais sans affectation scolaire faute de place dans les lycées et même aujourd’hui dans les collèges. Nombreux sont ceux qui doivent, faute de mieux, accepter une affectation à l’autre bout de l’Ile de France dans une filière qu’ils n’ont pas choisie.

 

Sur la scolarité moyenne d’un élève, la durée totale de l’enseignement prodigué en mathématiques a baissé d’un an ces dix dernières années.

 

Dans le cadre de la « réorganisation » des hôpitaux, les services ferment par dizaines, des opérations sont reportées pendant des mois faute de place. Les soignants n’ont plus le temps pour rien : dans certains hôpitaux parisiens, désormais, en lieu et place d’entretien avec un médecin avant une opération à risques, par exemple en cas de cancer, on vous remet un dépliant de huit pages qui vous informe froidement du pourcentage d’y rester sur la table d’opération.

De fait, l’exclusion de l’école ou de l’hôpital est une réalité brulante, non pas seulement pour les victimes du racisme d’Etat qui marque ces deux institutions capitalistes mais aussi pour tous les prolétaires.

Quand on n’a pas les moyens, l’école ou l’hôpital exclut de toute façon doublement : l’accès n’est plus garanti à tous les prolétaires, la qualité de l’enseignement et des soins se réduit comme une peau de chagrin d’une part, et d’autre part au sein même des deux institutions, l’oppression de classe, raciste et sexiste s’amplifie chaque jour.

 

S’agit-il d’une attaque spécifique contre l’islam et les musulmans , comme essaient de le faire croire les organisations religieuses et communautaires qui se servent de l’affaire de Saint Ouen pour en appeler à des manifestations contre l’ "islamophobie " ?

 

Devons-nous nous ranger à cette interprétation uniquement parce que le pouvoir fait mine de n’avoir comme objet de sa haine que les musulmans ?

 

femmes-unies-copie-1.jpgRevenons sur la situation objective dans les écoles et dans les hôpitaux, et voyons ce qu’il en est.

 

A propos de l’affaire du lycée Auguste Blanqui de Saint Ouen, tout le monde fait comme si le port de robes longues était le seul code vestimentaire féminin attaqué par la direction d’un établissement ou par des professeurs ces dernières années.

 

Cela permet notamment aux organisations islamistes fascistes  de prétendre que cette affaire traduit la décadence des mœurs, et la « dépravation » érigée en système en France, et la plupart opposent naturellement les jeunes filles et femmes « pudiques » aux « dévergondées » en string et jupette qui ont tous les droits.

 

Seulement, la propension de l’Etat à contrôler le corps des femmes et leur tenue s’est aussi exprimée contre d’autres vêtements : dans de nombreux lycées, c’est le port de jupes ou de shorts qui est remis en cause, en 2009.Une de ces affaires avait été médiatisée grâce à la mobilisation des élèves, à Saint Martin d’Etampes dans l’Essonne.

 

L’offensive patriarcale dans l’Education Nationale est donc globalement dirigée contre TOUTES les filles : de plus en plus, l’idée que les femmes doivent se plier à un ordre moral ou un autre, et s’y plier VISIBLEMENT s’impose dans le discours dominant.

 

Et ce discours dominant est une caractéristique de TOUTES les institutions , laiques ou religieuses, émanation de la majorité ou des minorités dominées.

 

Dans un même mouvement, pour les autorités religieuses et politiques, les symboles vestimentaires féminins deviennent l’objet d’injonctions de faire de plus en plus contraignantes.

 

Le racisme et la réaction communautariste conjuguées alimentent en effet le même processus, la prise au piège de la jeune fille ou de la femme qui se trouve dépossédée de tout espace autonome de critique et d’identification.

 

Des_jeunes_filles_rejoignent_une_manifestation_en_Egypte_ma.jpgLes divisions imposées par la société et le regard porté sur la manière de s’habiller génèrent des résistances séparées et inefficaces, dans tous les domaines : les opposants religieux à la loi contre le voile n’ont obtenu aucun résultat concret dans leurs mobilisations, et de l’autre côté les tenantes d’un féminisme « laique » et « anti-voile » s’agitent beaucoup pour criminaliser les femmes concernées , mais se montrent incapables de résister à l’avancée du patriarcat : au point que le 8 mars, l’un des principaux quotidiens gratuits Metro peut consacrer une demi-page à laisser la parole à des sages femmes catholiques intégristes qui refusent l’IVG dans le cadre de leur travail.

 

Car en effet, à l’hôpital, l’offensive contre les femmes musulmanes qui refuseraient d’être examinées par des hommes cache également une offensive contre toutes les femmes prolétaires : ce qui est en jeu ce n’est pas seulement la pudeur inspirée par des convictions religieuses mais le rapport à notre intimité.

 

Dans les journaux « féminins » pour les bourgeoises, le sujet «  vous préférez un gynéco homme ou femme » est un marronnier des pages santé et psycho. De fait, quand on a le fric, on choisit son médecin, homme ou femme, et dans les cliniques privées avec supplément financier, on obtient tout ce qu’on veut.

 

Quand on est prolétaire, il arrive désormais même qu’on doive rester sur une civère dans un couloir exposée au regard de tous pendant des heures faute de place. Il arrive qu’après la chimiothérapie lors d’un cancer, on se retrouve dans une salle avec d’autres, malade et nauséeuse, sans intimité, faute de personnel et de lieux adaptés.

Il n’y a rien d’ « outré » et de « scandaleux » dans le fait d’être mal à l’aise lorsqu’on est examinée et soignée par un homme : en société patriarcale, l’homme symbolise celui qui juge et valorise ou pas notre corps, et quelles que soient ses intentions réelles, cela peut-être très dur pour nous, lorsque nous nous percevons comme affaiblies et malades de nous exposer à son regard.

On ne voit pas pourquoi cette dimension ne pourrait pas être prise en compte, hormis pour des raisons de classe, qui font qu’aujourd’hui, les femmes prolétaires voient leur accès aux soins réduit et leur qualité dégradée.

 

Les campagnes contre les jeunes filles de culture musulmane sont donc le paroxysme de la violence induite par la triple oppression : elles sont à la fois victimes du sexisme, du racisme et de l’oppression de classe.

 

Mais ces attaques nous concernent toutes et tous : et elles ont une fonction oppressive qui va bien au-delà de ses principales victimes.

 

Ainsi, l’affaire des lycéennes de Saint Ouen est intervenue dans un contexte bien particulier, celui d’un mouvement de résistance aux suppressions de poste qui touchait également ce lycée. Si les syndicats réagissent très mollement dans ce domaine, il y a déjà quelques années que les profs, les élèves et les parents de banlieue ne les attendent pas pour lancer et organiser leurs propres mobilisations unitaires.

 

Les intégristes musulmans ont présenté la directrice du lycée comme une traître et même une « indépendantiste berbère ». Mais elle est surtout une fonctionnaire très impliquée dans les « partenariats «  avec le privé, participant à des réunions et des initiatives visant à adapter la formation aux besoins des entreprises. Si certains ont noté le fait que Caroline Fourrest a été invitée dans ce lycée récemment, pourquoi personne ne dit que ce sont également des dirigeants de TF1 qui ont été invités aussi dans ce lycée, comme modèle de réussite pour les élèves ?

 

Cette affaire des « robes longues » tombe donc bien à propos pour désamorcer et diviser un mouvement de contestation contre la logique de l’éducation capitaliste portée par cette directrice ,qui ne fait que refléter la tendance générale à faire de l’école une simple usine à salariés dociles.

 

De la même manière les sorties de Claude Guéant sur l’obligation des « usagers » à se conformer à la « laicité totale » , notamment à l’hôpital interviennent à un moment ou le gouvernement se retrouve confronté à une possibilité d’extension des luttes locales contre le démantèlement des services de santé.

 

Il est symptomatique que le terme «  usagers » soit brusquement employé pour des services ou désormais, l’on parle plutôt de « clients », en témoigne les récentes initiatives parisiennes dans des hôpitaux ou des patients se voient contraints de payer des chambres d’hôtel pour les journées postérieures à certaines opérations.

 

Le « service public » n’est donc désormais invoqué que dans sa dimension étatique répressive, alors qu’au quotidien, on sabre ses avantages pour les prolétaires.

 

Cela, dans les lycées comme dans les hôpitaux, les femmes et les filles le savent, quelles que soient leurs croyances, leurs origines et leurs conviction : dans les luttes sociales, elles participent et innovent ensemble et parviennent à mettre en échec les attaques de la bourgeoisie.

 

Ce ne sont pas les communautaristes musulmans qui empêchent les expulsions de jeunes filles sans papiers , mais l’ensemble des élèves , des professeurs et des parents unis. Ce ne sont pas eux non plus qui sont parvenus en 2009, dans toutes les banlieues à empêcher les fermetures de nombreuses classes : eux viennent faire les zouaves à la sortie des lycées, soit disant pour défendre les jeunes filles en robe longue, mais en réalité leur discours les culpabilise : ainsi les fascistes de Forsane Aliza ont  fait de la propagande devant de lycée Blanqui mais sur son site, ces membres attaquent les jeunes filles en disant que ce qui leur arrive est de leur faute, parce qu’elles ont déjà retiré le voile pour aller à l’école au lieu de se faire exclure et de rester à la maison.

 

Ce ne sont pas les féministes bourgeoises qui se battent au quotidien contre les atteintes concrètes au droit à l’IVG : si le centre IVG de Tenon dans le 20ème arrondissement de Paris est resté ouvert, c’est parce qu’une mobilisation exemplaire des travailleuses et des femmes du quartier a eu lieu. photo-3-.JPG

 

Unies et solidaires les femmes et les filles du prolétariat peuvent gagner contre l’offensive raciste, sexiste et classiste : le gros problème, ce sont, à l’intérieur du mouvement, ceux qui font tout pour nous dessaisir de nos propres luttes.

 

Les bureaucrates syndicaux essaient toujours d’imposer une restriction des revendications à un aspect purement comptable : on se bat « contre les suppressions de poste » mais il est hors de question de laisser les élèves , les parents et les profs qui le souhaitent se battre en même temps pour l’arrêt des discriminations sexistes et racistes. Pire, certains syndicats comme le SNES à Saint-Ouen participent à la division et à la stigamtisation en prétendant que la manière de s’habiller des filles est un problème et qu’ils ont le droit de décider à leur place.

 

Les féministes soi-disant « laiques » comme les organisations religieuses essaient elle d’opposer les femmes entre elles, et ne posent jamais les problèmes communs rencontrés par l’ensemble des filles et des femmes du prolétariat.

 

Nos corps nous appartiennent, mais nous devrons les défendre ensemble contre tous nos faux amis.

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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 20:46

liberte-copie-1.jpgEn France cette année, si le 8 mars est bien la journée internationale des Femmes, toute la gauche a manifesté nationalement…le samedi 5 mars.

 En pleine montée révolutionnaire mondiale, les femmes de France sont donc appelées une nouvelle fois à une simple marche . A Paris, elle a  tout de même été ponctuée par quelques arrêts devant les ambassades des pays engagés dans le combat révolutionnaire.  Pas question de grève, pas question d’offensive, des initiatives symboliques et ennuyeuses. Il n’y a pas eu grand monde dans la rue le 5 mars du coup .

 

Normal. Toute prolétaire un peu sensée et logique engagée dans les combats en cours et solidaire de ses camaradEs à travers la planète se pose la question de l’utilité et de la signification d’une manifestation avec le parti socialiste, et ce pour deux raisons spécifiques.

 

- Peut-on être en même temps solidaire de nos camaradEs tunisiennes et défiler aux côtés d’un parti qui était membre de la même internationale que Ben Ali il y a un mois ? Peut-on défiler avec le parti d’Elizabeth Guigou qui participait jusqu’à la chute du régime à une Fondation pour l’avenir de la Méditerranée , avec le même homme d’affaires tunisien qui était l’ami de Michèle Alliot Marie ?

        

-    Peut-on en même temps se battre pour le maintien de l’accès à la santé , à l’IVG, à la contraception pour TOUTES les femmes, et défiler avec des élus PS, membres notamment du conseil de l’AP-HP qui applique toutes les contre-réformes de destruction de l’hôpital public décidées par le gouvernement ?

 

Il y a longtemps que la Journée Internationale des Femmes nous a été volée, longtemps que les féministes issues de la bourgeoisie ont transformé une journée de combat et de lutte en une kermesse paroissiale à l’échelle mondiale.

 

Et cette année, plus que jamais, l’histoire de cette journée est soigneusement tue.

 

Le 8 mars n’est pas sorti du chapeau de la bourgeoisie : le 8 mars marque le début de la révolution russe.

 

Ce jour là, les femmes s’emparent d’une date proposée quelques années avant par Clara Zetkin, une des militantes bolchevik les plus infatigables. En 1911, elle propose que le mouvement socialiste ouvrier, chaque année, organise partout en même temps des initiatives pour la libération des femmes par la révolution prolétarienne. En quelques années, à travers le monde, des femmes se saisissent de cette idée pour manifester notamment contre la guerre mondiale qui fait rage.

 

 

En ce mois de février 1917, en Russie, pourtant la révolution semble bien loin. Bien sûr , les jours précédant le 8 mars, des grèves ont éclaté dans les usines de Petrograd, suite à l’annonce de nouvelles mesures de rationnement, et du licenciement de milliers d’ouvriers.

 

Mais descendre dans la rue, c’est franchir un nouveau pas face à la répression annoncée par le gouvernement du tsar qui semble tout puissant. Même les militants révolutionnaires les plus avancés hésitent.

 

Pas les femmes du peuple. Ce sont elles qui décident de marcher les premières, ouvrières du textile, étudiantes, employées, qui descendent dans le centre-ville de Petrograd, pour exiger du pain mais aussi l’arrêt de la boucherie impérialiste qui tue leurs compagnons.

 

A leur suite, les ouvriers et les militants révolutionnaires suivront. L’ « émeute de la faim », décrite par certains commentateurs le jour même, est tout simplement la révolution.

 

Quatre ans plus tard, Lénine décide que cette journée, sera dans l’Etat socialiste naissant, la journée Internationale des Femmes Travailleuses.

Quelques commentatrices féministes bourgeoises évoquent parfois du bout des lèvres, cette origine soviétique de la Journée de la Femme. Mais elles ne font pas le lien entre cette date et la Révolution.

 

Et malheureusement trop de camarades se rappellent du 8 mars comme celui du début de l’insurrection prolétarienne en Russie, mais n’approfondissent pas la signification profonde de la décision des bolcheviks de faire de cette journée, non pas une commémoration banale de la fondation de l’Etat soviétique, une sorte de « 14 juillet » socialiste, mais de mettre en avant les femmes travailleuses.

 

Cela signifiait tout simplement qu’il n’y avait pas d’un côté la Révolution, de l’autre le féminisme.

 

femmes-tunisie-copie-1.jpgCela signifiait que la place des femmes et de leurs revendications n’est pas un » à côté » nécessaire dans le mouvement révolutionnaire : la lutte féministe n’a rien à voir avec son incarnation actuelle dans l’imaginaire de la gauche et de l’extrême gauche française.

 

Il ne s’agit pas de veiller , par souci d’égalitarisme à ne pas oublier d’ajouter un paragraphe sur la retraite des femmes ou le temps partiel dans les discours généraux.

 

Il ne s’agit pas non plus de développer une sphère séparée, au niveau culturel ou au niveau organisationnel : aujourd’hui, dans le mouvement ouvrier et révolutionnaire européen, on se satisfait facilement de l’existence d’une « commission femmes », d’une rubrique « revendication des femmes sur son manifeste, son site ou son programme. On estime avoir fait le maximum lorsqu’on soutient les « mouvements de femmes », en appelant à la solidarité avec leurs initiatives.

 

Mais en faisant du jour du départ de la Révolution, celui des femmes travailleuses, les bolcheviks , en réalité combattaient ces conceptions du rôle des luttes des femmes .

 

 Le message délivré était limpide : la Révolution est portée par les femmes en lutte pour leur liberté, le capitalisme et le patriarcat tombent en même temps ou ne tombent pas !

 

Il n’y pas de révolution qui ne soit pas féministe, car si les femmes ne sont pas dans le combat révolutionnaire alors celui-ci échoue.

 

Et en conséquence il n’y a pas de libération des femmes sans révolution prolétarienne.

 

Cette dialectique là, aujourd’hui en 2011 est le fondement de la compréhension de ce qui se passe en Tunisie, en Iran, et ailleurs.

 

Et la bourgeoisie essaie de la masquer dans sa propagande, d’une double manière.

 

-          D’un côté, en fondant la défense du statu quo sur l’opposition de la Révolution et des femmes .

La bourgeoisie tunisienne, par exemple, soutenue par de nombreux mouvements féministes socio-démocrates alliés en Europe tente depuis le début de la révolution de mettre en avant une aggravation possible des conditions de vie des femmes, soi-disant protégées de l’islamisme  par Ben Ali et les siens.

 

En réalité les droits des femmes en Tunisie avaient été acquises par leur lutte lors des mouvements pour l’indépendance et lentement battus en brèche par la suite.

 

En réalité, les islamistes politiques étaient totalements absents dans la rue lors de la première phase de la Révolution, comme en Egypte. Ils l’étaient notamment parce que les femmes étaient dans la rue, parce que le prolétariat occupait le terrain et que ce soulèvement ne pouvait pas être celui de partis bourgeois et patriarcaux.

 

C’est bien la bourgeoisie des deux pays, incarnée par les gouvernements provisoires qui appelle les islamistes politiques à la rescousse, en permettant et en encourageant la reformation de leurs partis, en les conviant à venir à la table des négociations pour le partage du pouvoir.

 

C’est bien parce que le caractère égalitaire du mouvement inquiète non seulement les bourgeoisies locales mais aussi les nôtres que le jeu médiatique bat son plein ici aussi : le meilleur exemple est certainement les invitations multiples faites à Tarik Ramadan pour parler des révolutions en cours dans toutes les émissions de « débats ».  On ne voit pas ce qu’un suisse qui n’a jamais mis les pieds en Egypte ou dans les pays concernés par la révolution, un bourgeois qui n’ a jamais participé à une lutte sociale de sa vie, peut avoir comme compétence pour évoquer les évènements. Le rapport concret entre les mouvements en cours et l’islam politique n’existe pas , pas ailleurs que dans la propagande capitaliste .

 

             -D’un autre côté, la gauche social-démocrate et l’extrême gauche féministe n’ont qu’un seul mot à la bouche : le « soutien » aux révolutions « arabes » et aux femmes qui y participent.

 

revoltes15.jpgLe paternalisme condescendant a le même rôle que le racisme, diviser les prolétairEs. Pourquoi parler de « soutien » quand nous devrions au contraire NOUS sentir soutenues ici par le mouvement formidable qui ébranle la bourgeoisie à quelques milliers de kilomètres ?

 

A entendre la gauche, les femmes de là bas, comme celle d’origine immigrée ici auraient tout à apprendre de nous, le féminisme comme la « démocratie ».

 

Pourtant hier, au Liban, des milliers de femmes, unies quelles que soient leur communauté religieuse d’origine ont manifesté avec les hommes d’ailleurs pour exiger l’abolition du régime constitutionnel fondé sur les religions, qui donne tout pouvoir en matière civile aux membres du clergé.

 

Pendant ce temps, ici, une partie des féministes bourgeoises a viré à l’extrême droite, une autre se complait dans l’ethno différentialisme, allant jusqu’à distinguer les intérêts des prétendues « Blanches » de celles des prétendues « Indigènes ».

 

Ici le mouvement des femmes est tellement divisé que ce 8 mars, le journal Metro peut faire de la provocation en donnant la parole à des sage femmes qui refusent de pratiquer des IVG à cause de leurs convictions politiques et religieuses.

Ici, le président peut déclarer que le 8 mars c’est « sympathique mais pas essentiel ».

 

Alors, pour les femmes prolétaires, ce 8 mars en France n’aura évidemment pas été une fête, mais un jour d’exploitation et de sexisme ordinaire.

 

Mais également un jour de lutte de classe ordinaire pour beaucoup d’entre nous, et c’est là finalement ce qu’il aurait dû toujours rester : cette année, il aura été sans doute plus joyeux que l’année dernière, car nos camaradES de l’autre côté de la Méditerranée nous ont montré l’exemple ces dernières semaines, et prouvé que nous étions bien, toujours et encore le moteur de toutes les vraies révolutions.

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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 08:18


La journée internationale de la femme a un seul mérite, pointer du doigt les atrocités, les inégalités faites aux femmes. Et c'est tout. Le mode de production capitaliste ne permettra jamais que la femme soit l'égal de l'homme. Marx disait déjà que la "femme était le prolétaire de l'homme", cela n'a pas évolué dans la majeure partie du monde, ni même chez nous où le sexisme est prégnant, sans compter les maltraitances physiques et/ou morales.

 

Réclamer une "égalité" des droits est bourgeois. Les femmes sont pas les égales des hommes, elles sont des êtres humains avec des spécificités qu'il est important de prendre en compte, elles peuvent  par exemple ou non vouloir donner la vie.  Elles ne doivent pouvoir bénéficier de droits égaux, c'est-à-dire "devenir comme des hommes", si ce n'est obtenir a minima un salaire égal à travail égal bien entendu,  mais devraient bénéficier d'une équité des droits sur le reste des revendications fémines.

 

En effet, il faut que les femmes soient prises en considération pour ce quelles sont, avec des droits spécifiques (maternité, accès à l'IVG, gratuité des soins gynécologiques, gratuité des contraceptions...) et non en comparaison en l'homme. Les femmes doivent montrer la voie d'une politique nouvelle comme dans les révolutions du monde méditerranéen. Elles ne doivent se contenter de devenir comme des hommes mais de montrer à tous l'horizon nouveau du communisme.

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REDSKINHEADS UNITED !

 

Ce blog s'adresse à tous les redskinheads francophones et internationaux constitués en R.A.S.H ou en groupes autonomes. Ce blog signe aussi l'ouverture du mouvement vers les skinheads spirit 69 et les S.H.A.R.P. Ce blog assume son aspect anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Les "skinheads" apolitiques et  boneheads, parasites du mouvement "skinhead" sont nos ennemis de classe et ne sont pas admis ici. Ce blog s'adresse aussi à celles et ceux pour qui "skinhead" est encore, hélas, synonyme de fasciste, afin de  leur démontrer le contraire. Enfin, ce blog s'ouvre également vers les cultures proches (Reggae,Ska-Soul et Punk).

Working Class Pride!
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IN HOC SIGNO VINCES!

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REDSKINS POWER

 

 

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