De nombreux débats ont agité la gauche et l'extrême-gauche ces derniers jours concernant les émeutes anglaises : comme souvent, entre le soutien inconditionnel faisant fi des actes de violence entre prolétaires, et la condamnation méprisante du « lumpen » dépolitisé qui ne pense qu'à voler des vêtements de marque, il a été difficile de trouver des positions un peu plus réalistes. Nous reproduisons ici le communiqué des Liverpool Antifascists, une analyse de l'intérieur du mouvement, qui pose les choses de manière très simple et très juste.
Sans surprise, le British National Party a qualifié les affrontements d' « émeutes
raciales », accusant le « multiculturalisme » d'en être à l'origine, tandis que son leader Nick Griffin se vantait de les avoir prédits trois ans avant. L'English Defence League,
tout en faisant mine de ne pas blâmer l'Islam, a affirmé que l'action des policiers est entravée par le « politiquement correct » et a exhorté ses militants à avoir « une
présence physique » dans les rues face aux « pillards.
Antifascistes, nous réfutons l'idée selon laquelle l'agitation et les affrontements auraient quelque chose à voir avec le « multiculturalisme ». A l'origine l'émeute de Tottenham est une réponse à la violence policière , et précisément à l'agression d'une jeune fille de seize ans par les flics anti-émeute lors d'une veillée pacifique pour Mark Duggan, abattu deux nuits auparavant. A Toxteth, ce sont des gens d'origine turque ou kurde qui se sont mobilisés pour se défendre contre d'éventuels pillages. A Liverpool ou un pub et un bureau de poste auraient été éventrés et incendié, la majorité de la population est « blanche » selon les critères des racistes. En clair, les frontières dans le désordre ne sont pas déterminés par des critères ethniques !
Concernant les émeutes elles-même, nous ne pouvons pas condamner ceux qui en ont assez d'être violentés par la police et ont décidé de passer à la contre-offensive. La mort de Mark Duggan, comme l'agression de la jeune fille de seize ans ne sont clairement que les dernière exactions en date d'une police qui tabasse et réprime en toute impunité depuis de nombreuses années et la réaction des gens, un jour ou l'autre était inéluctable.
Mais, en tant que partisans d'une classe ouvrière unie et solidaire, nous ne pouvons tolérer que des agressions, des violences et du vandalisme aient été infligés à d'autres membres de la classe ouvrière à mesure que les troubles s'étendaient. Que des étudiants notamment aient été agressés, que des personnes assiégées dans leur maison aient vu leurs voitures brûlées, que des boutiques avec des habitations juste au-dessus aient été incendiées en dit long sur la détérioration de la conscience de classe survenue au Royaume-Uni ces trente dernières années. Nous comprenons donc également le point de vue des gens qui s'organisent pour se protéger face à ces menaces, qui traduisent pour nous, autant que d'autres, les symptômes de la montée du fascisme.
A Liverpool, nous sommes fiers de dire que nous avons été à la fois de ceux qui tentaient à la fois d'empêcher la violence entre gens de la même classe et la violence policière contre la jeunesse révoltée.
Quant aux membres de l'EDL, qui se proclament gardiens et défenseurs de la communauté, nous
voudrions bien savoir pourquoi , dans ce cas, ils ont été vus à Liverpool, braillant des slogans racistes sur la route Smithdown. La direction régionale se prétend « l'union des honnêtes
gens, qu'ils soient noirs, blancs , chrétiens, sikhs, juifs ou musulmans » mais les messages de la Division Liverpool sur Facebook étaient beaucoup plus clairs « le multiculturalisme a
échoué », « Nous vous avions averti de ce que feraient les minorités », « le British National Party le disait depuis des années », « c'est tout simplement un
aperçu de ce que l'Angleterre serait si elle était un Etat islamique », et ainsi de suite...Derrière les déclarations officielles, l'extrême droite joue toujours la même partition.
Nous exhortons tout le monde à ne pas se laisser diviser par les discours de l'EDL et du BNP, et au contraire à être solidaires entre tous les membres de la communauté des exploités, solidaires contre toutes les attaques, qu'elles viennent des fascistes, de la police qui se déchaine dans la violence et le sadisme, ou des incendiaires et des pillards.
No Pasaran !
Liverpool Antifascists.
Panique à la Bourse, crise de la dette, « nous vivons au dessus de nos moyens »....Unité nationale au parlement italien pour voter un plan de « réduction des déficits », élections anticipées en Espagne....
Chômage en hausse, retraites en baisse, « Etats en risque de faillite »...
Et dans le même temps, un militant d'extrême-droite assassine froidement des dizaines de personnes en Norvège, tandis qu'en France, le premier média politique est devenu Fdesouche, un site fasciste.
Les capitalistes tentent de nous faire croire que la situation économique est trop complexe pour que nous y comprenions quoi que ce soit.
Les fascistes eux, nous affirment que tout est au contraire très simple : sortons de l'euro, persécutons une partie de la population et tout continuera comme avant.
Pour notre part nous avons procédé à deux synthèses sur la crise économique actuelle sous forme de visuels. En voici la retranscription complétée en texte.
L'antifascisme c'est aussi l'anticapitalisme, et c'est surtout comprendre le monde qui nous entoure. Et pour cela, pas besoin de s'y connaître en cours de la Bourse, pas besoin de maîtriser les « mécanismes bancaires ». Les crises sont au capitalisme, ce que la haine est au fascisme, une partie de sa substance. Au cours du temps, la bourgeoisie , dans sa propagande quotidienne a donné de nombreuses raisons aux crises perpétuelles, et a trouvé de nombreuses excuses à la montée concomitante des fascismes qui les accompagnent.
En réalité, le mécanisme est toujours le même.
Comme nous l’avions souligné dans notre brochure « Comment combattre le fascisme ? » , « Le fascisme est entré sur la scène politique lors d'une crise générale du capitalisme à la suite de la Première Guerre mondiale. Les aspirations révolutionnaires des travailleurs menaçaient la puissance des capitalistes. Pour assurer la domination capitaliste, les capitalistes ont traîné dans plusieurs pays les forces fascistes au pouvoir (par exemple en Allemagne, en Italie et Autriche). ». La plupart des pays européens étaient en crise économique importante et le mode de production capitaliste menacé par l’exigence communiste des prolétariats des différents pays.
Voici une esquisse de thèse pour expliquer le phénomène complexe de la crise actuelle débutée en 2008 aux Etats-Unis au plus grand nombre. C'est aussi un devoir antifasciste de comprendre cette crise, car le fascisme naît du mode de production capitaliste en faillite .
Pourquoi le mode de production capitaliste
est-il actuellement dans une crise sévère?
L’économie capitaliste est vouée à l’échec à cause de ses contradictions internes, notamment par la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse tendancielle du taux de profit s'explique parce une suite de mécanismes simples :
Ce qui donne sa valeur à une production, c'est le travail. Pour Marx (à la suite de Ricardo) la valeur d'un produit repose sur le travail utilisé pour sa production.
La production est réalisée par du travail (capital variable en terme marxiste) et du capital (capital constant). L’évolution économique veut que les capitalistes aient de plus en plus besoin de capital constant pour produire (Les locomotives remplacent les machines à bras par exemple…).
Il faut donc de plus en plus de capital pour produire mais la valeur de la production repose sur le travail.
Comme les capitalistes ont de plus en plus besoin de capital constant pour produire, le taux de profit baisse sans cesse, c’est la baisse tendancielle du taux de profit. L’un des moyens de faire remonter le profit sera de baisser les salaires. Les bénéfices des capitalistes sont donc amenés à baisser sans cesse (a).
3.Dans un ultime effort pour soutenir leurs bénéfices, les capitalistes vont augmenter leur production, alors que dans le même temps les salaires baissent, la surproduction est donc inévitable (b).
(a) + (b) : A long terme le capitalisme est voué à l’échec à cause de cette contradiction inhérente au mode de production capitaliste.
Comment fonctionne le mode de production
capitaliste dans sa production du profit?
A./ Tout d'abord, le profit est la plus-value considérée dans son rapport avec la totalité du capital investi dans la production ; extérieurement, il se présente comme le fruit de l’ensemble du capital. Le taux du profit représente le rapport, exprimé en pourcentage, de la masse de plus-value produite à la totalité du capital. La concurrence à l’intérieur des branches d’industrie aboutit au fait que les prix des marchandises similaires sont déterminés non pas par la valeur individuelle, mais par la valeur sociale de ces marchandises. La concurrence entre branches d’industrie amène le transfert des capitaux d’une branche dans l’autre et aboutit à la formation d’un taux moyen du profit dans le cadre de la totalité de la production capitaliste. C’est en vertu de la loi du taux moyen du profit que s’opère la répartition du travail et des moyens de production entre les diverses branches de l’industrie capitaliste.
B./ Par suite de l’égalisation du taux de profit, les marchandises ne se vendent pas à leur valeur, mais à leur prix de production. Le prix de production est égal aux frais de production de la marchandise plus le profit moyen. Le prix de production est la forme modifiée de la valeur. La somme des prix de production est égale à la somme des valeurs de toutes les marchandises ; la modification de la valeur des marchandises entraîne la modification du prix de production. Avec le développement du capitalisme, au fur et à mesure que s élève la composition organique du capital, le taux moyen du profit manifeste une tendance à la baisse. En même temps la masse des profits augmente sans cesse. La loi de la baisse tendancielle du taux de profit aggrave les contradictions du capitalisme.
On le constate une fois que le taux de profit baisse tendanciellement, une crise économique s'amorce.
Pourquoi une crise globale
s'accompagne-t-elle d'un risque fasciste réel et imminent?
Comme le souligne le théoricien André Nin au sujet du fascisme: « Le pouvoir conquis, le fascisme n’a pas tardé à montrer son véritable caractère. Il n'était certainement pas là pour combattre le grand capital – comme se l’imaginaient les naïves masses de la petite bourgeoisie –, mais pour le défendre par-dessus tout. » (Le fascisme italien, 1930).
Le fascisme se joue de la contradiction bourgeoisie-prolétariat. Afin de défendre le mode de production capitaliste, les fascistes semblent accuser le capitalisme trop international, trop globalisé, trop mondialisé.
La crise économique est présente et touche des millions de foyers.
Elle se manifeste essentiellement par une baisse de la rénumération du travail global des exploités. Celle-ci prend différentes formes : la baisse globale du salaire direct, par la généralisation des contrats précaires, du temps partiel, de l'augmentation de la pression des employeurs sur les salariés, ces employeurs ne respectant plus les lois sociales ( embauche au noir, non-paiement des heures supplémentaires ou du temps de pause, par exemple). Dans le même temps, le salaire indirect baisse aussi de manière drastique : c'est la fameuse remise en cause du prétendu Etat Providence .
Les politiciens obéissent aux patrons, suppriment les droits sociaux , retraite, allocations chômage, accès aux soins. Simultanément, l'augmentation des prix est générale.
Inévitablement, ces mesures accroissent la conscience de l'exploitation chez une partie des salariés, et les mécanismes d'auto-défense contre la pression se mettent en place : grève, révoltes, émeutes, investissement moindre dans le boulot quotidien, la perspective d'une vie meilleure gagnée en travaillant plus s'évanouissant totalement.
Ces mécanismes d'auto-défense de la classe exploitée ne remettent pas forcément en cause le capitalisme même : mais ils créent les conditions objectives d'une prise de conscience collective de la division de la société en classes, et celles de sa remise en cause.
C'est là qu'intervient le fascisme, comme contre-feu à cette prise de conscience, comme aspiration de l'énergie révolutionnaire potentielle contenue dans la colère populaire.
Le fascisme, c'est d'abord la démagogie : les fascistes prétendent se poser en ennemis du système économique en place et proposent de se révolter contre celui-ci. Mais en déployant un discours sur les bienfaits des productions nationales ou locales, toujours inscrites dans le mode de production capitaliste.
Le fascisme est issu du mode de production capitaliste. Nin le dira clairement : « La politique économique du gouvernement de Mussolini peut donc se résumer ainsi : non-intervention quand celle pourrait constituer un obstacle aux intérêts du grand capital, et intervention énergique quand il s’agit de stimuler le développement indépendant du grand capital. ».
Ceci s'est vérifié dans les états fascistes historiques des années 30 (Allemagne, Italie, Espagne…) et ceci se vérifie encore dans les programmes des partis de « droite nationale » comme ils s'autoproclament, afin de masquer leur fascisme .
Dimitrov indiquait cependant « Ce serait une erreur grossière que d'établir un schéma général du développement du fascisme applicable à tous les pays et à tous les peuples. Un tel schéma ne nous serait d'aucun secours, il nous empêcherait au contraire de mener la lutte véritable » (Pour l’unité de la classe ouvrière contre le fascisme, 1935).
Parlons concrètement du cas français.
Par exemple, quel est le
programme du F.N. face à la crise ?
Page 17 de son Projet économique, avril 2011, le FN parle de réguler le système bancaire face au « lobby des banques ». S'il est question d'instaurer la souveraineté de la France (au travers d'un ministère de la souveraineté) et de sortir de l'Euro, le mode de production capitaliste n'est jamais mis en question.
Pages 19 et 20 du même programme, le FN souhaite défendre la « classe moyenne » et notamment encourager la création de PME tout en favorisant les « grosses PME » par une « révolution fiscale » (sic !) sur l'impôt sur les sociétés. Page 22 du même document il est dit des entreprises du CAC 40: « il n'est pas anormal qu'il y ait des dividendes » comprendre des profits boursiers gagnés par ces entreprises. Le FN souhaite juste redistribuer, comment? « …en négociant » avec les entreprises…vaste programme!
D'emblée le fascisme version FN se propose comme un moyen de révolte face non au capitalisme mais « aux grandes familles », ce qui tend forcément à l'antisémitisme plus ou moins larvé.
Jamais le fascisme ne remet en question la bourgeoisie qui détient le pouvoir réel dans le mode de production capitaliste, car le fascisme est issu de la bourgeoisie. Cependant afin de rallier le plus grand nombre, selon Nin, le fascisme cache sa vraie nature: « Le fascisme ne pouvait évidemment pas se présenter d’emblée comme un mouvement anti-prolétarien. Pour déguiser son véritable caractère, pour attirer la classe ouvrière et les éléments de la petite bourgeoisie subjugués par le grand capital, il a pratiqué pendant ses premières années une agitation et une propagande salement démagogique… ».
Ceci se vérifie pleinement dans les propositions énoncées plus haut.
La sortie de l'euro ? Certes la situation s'est dégradée depuis l'entrée en vigueur de cette nouvelle monnaie, mais imputer la responsabilité de cette dégradation à l'euro, c'est aussi logique qu'affirmer que le réchauffement climatique est du à l'apparition de nouvelles cartes météo . Un seul fait suffit à démontrer l'inanité de ce débat sur l'euro, son inutilité totale : dans le monde entier, la prétendue « crise » se manifeste de la même manière , euro ou pas.
Mais ce faux débat permet justement d'éviter un véritable questionnement sur les causes de la crise en enfermant la réflexion dans un cadre nationaliste : « Français » contre le reste du monde. Et donc patrons et salariés unis avec un prétendu intérêt commun.
Et cela permet d'entraîner le salarié dans un raisonnement faussé : le « petit » patron de PME est un allié, le salarié chinois un ennemi.
Seulement, la PME « autonome » n'est pas une réalité, c'est une fiction juridique : aujourd'hui la majorité des PME sont des sous-traitants de grands groupes, leur production n'est donc pas déterminée au niveau de la PME, elle n'existe que si elle correspond à la décision d'entreprises plus grandes. Donner des fonds publics à ces PME, c'est exactement comme aider une grosse entreprise, et cela n'empêchera nullement sa disparition et le licenciement des salariés, en cas de restructuration globale.
Le petit patron peut bien bosser autant que ses salariés, argument souvent utilisé pour faire croire qu'il en est proche socialement et que les intérêts sont les mêmes. En réalité, il est objectivement de par sa place dans le processus de production, un rouage de l'exploitation bourgeoise.
Mais la prétendue crise le confronte à une instabilité sociale grandissante : pris en étau entre le donneur d'ordres qui lui impose la baisse des salaires pour que le cout du travail soit le moins cher possible sous peine d'être lui aussi viré, c'est à dire de se voir retiré sa part de marché, et les salariés en colère, il se sent menacé dans son statut et rêve d'un retour à l'ordre ancien.
Le rôle de la petite bourgeoisie est flagrant dans la montée du fascisme, comme dans l'exemple historique italien: « La petite bourgeoisie, inconsciente comme à son habitude, a hésité, et le fascisme a su en profiter, se présentant à elle comme le représentant des intérêts de toute la nation, de tout le peuple ».
Tout le programme économique du FN par exemple s'adresse donc à ce qu'il appelle « classe moyenne » (dixit) .
Que propose-t-il aux
prolétaires ?
Tous les documents programmatiques récents du Front reposent sur le même modèle , voici l'exemple des services publics. Cinq pages de critiques parfaitement justes sur les privatisations, l'accès aux services, l'augmentation des prix consécutifs à la privatisation. Les propositions sont en fin de texte, et là ...on rigole. Ainsi après avoir critiqué la « privatisation, » le FN propose que l'Etat soit « actionnaire majoritaire » des « ENTREPRISES « de service public. Soit très exactement la poursuite de la privatisation, car une fois le service public transformé en entreprise , confronté à d'autres entreprises du même secteur, tout est plié. La preuve ? Le FN propose une vague « limitation » des hausses des tarifs de l'électricité, du gaz et autres... soit la même chose que la droite classique.Mais aussi la « modernisation » et la « compétitivité » des services publics, soit la pression sur ses salariés, et la suppression de tout ce qui n'est pas rentable.
Alors, le programme économique du F.N. est-il plus social avec le prolétariat ? Lorsque l’on clique sur « acteurs économiques et emploi » sur le site du F.N. nous tombons sur six documents : l’un sur la « crise de l’euro », l’un sur « comment sortir de l’euro ? », l’un sur « pourquoi sortir de l’Euro ? », l’un sur « sortir de l’euro créera du pouvoir d’achat ». En un mot comme en cent, absolument rien sur le problème principal de n'importe quel salarié, le SALAIRE, direct ou indirect.
Le parti des ouvriers ?
Sur le site, un tract sur trente les concerne. La moitié du texte présente l'argumentaire suivant : les sondages disent qu'un ouvrier sur trois va voter FN, alors nous sommes le parti des ouvriers...même si les mesures proposées sont exactement celles des autres partis , protection des emplois « industriels », alors que les ouvriers du tertiaire sont désormais majoritaires, taxation des « super-profits » ( c'est super, mais combien c'est exactement, « super » ? ), protection du « pouvoir d'achat » ( mais comment, on ne sait pas ).
En somme, le F.N. se fout du prolétariat, des précaires et des pauvres, ce qui l’intéresse c’est l’agriculteur propriétaire terrien, le petit commerçant, l’entrepreneur...ou plutôt leurs bulletins de vote . En réalité, historiquement, le fascisme n'a jamais entravé le développement du capitalisme et l'élimination de ses structures obsolètes, notamment celles qui donnaient à la toute petite bourgeoisie, quelques privilèges en échange de leur soutien à l'ordre dominant.
Maintenir l'ordre, mater les révoltes prolétaires, voilà le rôle dévolu par la bourgeoisie aux fascistes. Rien de plus.
La crise comme le fascisme vont donc s'épanouir de concert ces prochains mois.
La propagande médiatique continuera à présenter le Front, comme un parti de proposition , raison pour laquelle celui-ci n'a même pas besoin de réactualiser son programme, les médias inventent tous seuls des promesses « sociales » qui n'existent pas.
Quant aux prolétaires, ce sera à eux d'inventer et d'imposer le leur.
« Avec Céline, l'écœurement, pour moi, est venu vite : il ne m'a pas été nécessaire de dépasser le premier tiers du Voyage au bout de la nuit, où j'achoppais contre
je ne sais plus quelle flatteuse présentation d'un sous-officier d'infanterie coloniale. »
(Réponse à l'enquète du Libertaire, au moment du « procès Céline », en janvier 1950
)
Notre collectif
s'adresse à tous les redskinheads francophones et internationaux constitués en R.A.S.H ou en groupes autonomes. Ce collectif signe aussi l'ouverture du mouvement vers les skinheads
spirit 69 et les S.H.A.R.P ainsi que vers des militants d'autres horizons. Notre collectif assume son aspect anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Les "skinheads" apolitiques et boneheads, parasites du mouvement "skinhead" sont nos ennemis de classe et ne sont pas admis ici. Ce blog s'adresse aussi à celles et ceux pour qui "skinhead"
est encore, hélas, synonyme de fasciste, afin de leur démontrer le contraire. Enfin, ce collectif s'ouvre également vers les cultures proches (Reggae,Ska-Soul et Punk).
Working Class Pride!
oi

Derniers Commentaires