Dans la presse, on l'appelle
l' « affaire des kebabs d'Auxerre », et un de ses développements a été jugé en Cour d'Assises des Mineurs en ce mois de mai.
Il ne s'agit pas, comme on pourrait le croire, en ces temps de polémiques bidon, d'une controverse sur la prétendue dangerosité de la viande halal, mais des conséquences du climat entretenu par ces polémiques et par le racisme virulent exprimé dans les médias par une grande partie de la classe politique. Sans doute le lien est-il trop évident et explique-t-il, qu'en ces temps de légitimation et de dédiabolisation du fascisme, cette dite « affaire des kebabs » soit reléguée à la page fait divers des journaux régionaux.
Il s'agit pourtant de ce qui serait évidemment qualifié d'attentats commis par une organisation terroriste, si cela avait émané de toute autre mouvance que l'extrême-droite.
Quel autre nom donner, en effet, à une dizaine d'incendies volontaires de commerces auxerrois, accompagnée d'agressions préméditées contre des personnes, commise par un groupe d'individus qui avaient formé une organisation dénommée « Ordre National » ?
C'est en mai 2004 que les incendies commencent (1) : il y en aura 4 entre mai et septembre et la série se poursuit, toujours avec le même mode opératoire, toujours contre des restaurants tenus par des personnes d'origine maghrébine ou turque pendant toute l'année 2005.
Auxerre est une ville de 40 000 habitants, pas une métropole : la fréquence des incendies comme leurs cibles similaires ne peuvent évidemment laisser aucune place au doute lorsqu'ils sont commis sur une aire aussi restreinte. Le caractère raciste comme la présence d'une bande organisée sautent aux yeux.
Et ce d'autant plus lorsqu'en 2005, ce ne sont plus seulement les biens mais aussi les personnes qui sont attaquées.
Un soir de mai, une dizaine d'individus cagoulés, armés de battes de base ball et de couteaux ratonne plusieurs personnes d'origine maghrébine dans un des grands parcs de la ville. L'une d'elles fera même l'objet d'une tentative d'étranglement.
Pourtant, cette escalade de la violence raciste ne donne pas lieu à une procédure d'enquête particulière, ni à une couverture médiatique autre que locale, même s'il est évident que chacun de ces attentats aurait pu faire des morts.
Et si une partie des coupables sont arrêtés en novembre 2005, ce n'est pas à la suite d'un coup de filet dans les milieux d'extrême-droite mais à l'occasion d'un simple contrôle policier de nuit : ce soir là, Thibault Gond et quatre autres individus sont surpris sur un parking commercial habillés en treillis militaire et portant des éléments d'uniforme de la police nationale.
A partir de là, les domiciles sont enfin perquisitionnés et le résultat ne laisse aucun doute, ni quant à l'implication des individus arrêtés dans la ratonnade et dans les incendies, ni quant au caractère raciste des actes commis, ni sur l'existence d'un groupe néo-nazi organisé dans le but de commettre des actions violentes contre les biens et les personnes.
Le groupe en question avait été dénommé « Ordre National » par ses membres, dont certains sont de jeunes mineurs et d'autres des adultes très bien insérés socialement. Des individus qui craignaient si peu une descente de police qu'on retrouve chez eux un répertoire qui recense toutes les actions commises, ainsi que des textes « fondateurs » de l'organisation qui se revendique du 3ème Reich.
Les néo-nazis avaient au moins une bonne raison de ne pas trop se préoccuper d'une éventuelle répression policière surprise : l'enquête va démontrer qu'au moins deux policiers d'Auxerre étaient impliqués dans le groupuscule et ont notamment fourni les éléments d'uniforme de police portés par les inculpés le soir ou ils ont été arrêtés.
Dès novembre 2005, donc, la police et la justice ont en main TOUS les éléments possibles pour justifier une jonction des jugements des actes de violences commis, et la qualification d'entreprise terroriste et d'association de malfaiteurs. Les accusés reconnaissent les faits, les preuves matérielles sont légion, et l'intention homicide ne fait guère de doute, les victimes de la ratonnade ayant notamment été blessés à coups de couteau.
Pourtant le scénario judiciaire et médiatique va être tout à fait différent : il n'y aura aucune procédure commune, l'instruction et les proçès de la ratonnade et ceux des incendies vont se dérouler de manière séparée et s'étaler dans le temps sur plusieurs années.
Bien que plusieurs individus mis en cause aient reconnu leur appartenance au FN, aucun article de presse n'en fera mention, pas plus d'ailleurs que de l'implication de membres de la police nationale.
Aucune investigation d'ampleur ne sera menée dans les milieux d'extrême-droite et ce alors même que deux nouveaux incendies ont lieu après l'arrestation d'une partie des membres du groupes en 2006.
Le premier procès , celui de la ratonnade s'ouvre donc six ans après le faits en novembre 2011 : il a lieu en correctionnelle et non aux assises, puisque l'intention homicide n'a pas été retenue. Les peines seront finalement bien en deça des réquisitions du procureur, allant de six mois avec sursis à trois ans , dont la moitié avec sursis. Aucun des condamnés ne retourne en prison, certains ayant déjà fait de la préventive et les peines fermes en dessous de deux ans étant aménageables. Les victimes comme la partie civile sont abasourdies et ce d'autant plus que les sanctions pécuniaires se limitent à 5000 euros à verser aux associations antiracistes qui se sont portées parties civiles (2).
Le second procès qui concerne les incendies de commerce s'est ouvert en ce mois de mai, devant la Cour d'Assises des mineurs, et ce bien bien qu'une partie des accusés ait été majeure au moment des faits. Les accusés ont réussi à obtenir le huis clos, ce qui empêchera notamment une couverture presse des débats. Sur dix huit personnes mises en cause au moment des interpellations, seules 9 sont finalement traduites devant la Cour, huit ans après les faits.
Le verdict ? Pour les deux dirigeants du groupe, dix huit mois ferme, le reste avec sursis. Pour les autres, des peines fermes n'excédant pas quelques mois.
Mais tous les condamnés vont ressortir libres, en contradiction avec la loi en vigueur depuis le 1er janvier 2012, qui indique que toute peine prononcée en Cour d'Assises doit être immédiatement exécutée. La tolérance zéro, le durcissement de la répression ce n'est manifestement pas destiné aux militants d'extrême-droite.
Pour le président de la Cour d'Assises et les avocats des accusés, cette mansuétude, qui permettra un éventuel aménagement des peines s'explique par le délai écoulé entre les faits et le jugement, l'incarcération n'aurait donc plus de sens si longtemps après les actes...
Constat glaçant : dans le plus grand silence médiatique national, un groupe ouvertement néo-nazi , dont certains membres appartenaient au FN tant et tant « dédiabolisé », dont d'autres étaient membres des forces de police et ont utilisé leur profession pour aider à l'action collective, a donc pu se livrer à des agressions armées contre des personnes , à des attentats contre des commerces choisis en fonction de l'appartenance supposée de leurs propriétaires à une communauté, pour finalement écoper de peines beaucoup moins lourdes que celles infligées à n'importe quel voleur de poules, pour peu qu'il ait récidivé une ou deux fois.
L'Allemagne a été récemment secouée par une affaire semblable à bien des égards : de jeunes néo-nazis ont pu y commettre des meurtres contre des tenanciers immigrés de commerces et de restaurants pendant des années sans être inquiétés et sans même que l'enquête ne s'oriente sur la piste de l'extrême-droite, et sans le suicide de deux des membres du groupe, la police n'aurait encore arrêté personne. L'enquête a mis en évidence le rôle de complice joué par au moins un indicateur de police, mais aussi le fait que l'ensemble des renseignements facilement obtenables sur la mouvance néo-nazie aurait du conduire à orienter la police vers ces milieux beaucoup plus tôt.
A Auxerre, nous dira-t-on, il n'y a pas eu de morts. .
Mais comme dans bien d'autres cas, notamment lors de l'incendie volontaire accompagné de dessins de croix gammées commis contre des domiciles privés de personnes d'origine immigrée en Alsace il y a quelques mois, le fait qu'il n'y ait pas eu de victimes ne tenait pas à la volonté des auteurs, mais au hasard.
Surtout il ne se passe pas une semaine sans qu'une synagogue, une mosquée, un bidonville abritant des cibles potentielles, ne soient attaquées , avec au minimum de graves dégradations, et très souvent avec des croix gammées inscrites sur place qui attestent sans doute possible de l'origine de ces actes.
Trouver d'où viennent ces actes n'est vraiment pas compliqué puisque plusieurs forums regroupent la plupart des mouvances néo-nazies françaises et l'on y fait par exemple l'apologie des actes commis à Auxerre ( voir ici et ici).
Autorités judiciaires et policières comme spécialistes médiatiques de l'extrême-droite s'accordent sur une bien étrange contradiction : d'un côté sites et forums sont laissés en libre accès et quasiment jamais condamnés, et l'on nous explique doctement que c'est d'une part, parce qu'interdire ferait de la pub ou érigerait en martyrs les militants d'extrême-droite, et d'autre part, parce que cela permet ainsi de surveiller les activités de l'extrême-droite et de les contrer.
Mais de l'autre, ces mêmes autorités et ces mêmes spécialistes viennent expliquer que de toute façon, les groupes violents comme celui d'Auxerre seraient indétectables ( 3).
Bref, on laisse proliférer les outils qui permettent à l'extrême-droite de recruter, d'inciter à la violence, de diffuser modes d'emploi, exemples pratiques et cibles à abattre, et quand les passages à l'acte arrivent, on se prétend démuni, tout en continuant à affirmer que la répression et l'interdiction des ligues et partis fascistes rendrait la situation bien pire.
Et quand la réalité d'une affaire comme celle d'Auxerre démontre que la violence d'extrême-droite est organisée, en pleine expansion , et que ses auteurs comme ses instigateurs bénéficient d'un laxisme hallucinant, ne reste qu'à taire la réalité au plus grand nombre.
Aucun média national n'a en effet relayé cette affaire de manière sérieuse et approfondie : pas de complot derrière tout cela mais simplement la propension des journalistes à écarter les faits qui contreviennent à toutes leurs théories sur la « dédiabolisation ».
Sans mobilisation claire sur le mot d'ordre d'interdiction de toutes les ligues fascistes et de leur expression , rien ne changera.
(1) chronologie exacte ici
(2) un bref compte-rendu dans la presse locale ici
(3) Ainsi Jean Yves Camus plaide-t-il après l'affaire Breivik pour la fonction sociale positive de la liberté d'expression laissée aux fascistes dans ces termes, à propos de Fdesouche : "Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'IRIS et spécialiste de l’extrême-droite, aboutit à la même conclusion lorsqu’il parle de « soupape de compensation » Il y a un effet curatif, voire cathartique à laisser les gens s’exprimer sur ce site, et toujours selon le chercheur « Chacun va puiser, comme un consommateur, ses ingrédients idéologiques pour construire sa propre idéologie".
"D'autant que sur Internet vous avez le manuel du parfait terroriste. Vous n'avez même plus besoin de faire partie d'un groupe structuré et structurant pour devenir un terroriste."
Le même chercheur interrogé sur l'affaire d'Auxerre , parle cette fois de groupes difficiles à détecter..."Où en est la mouvance d’extrême droite en France?? Si dans sa globalité, cette mouvance tend à s’effriter, on constate qu’il y a une multiplication des petits groupes locaux qui conçoivent leurs actions dans leur coin et qui passent ensuite à l’acte. Et ce sont ces mouvances locales qui sont difficiles à surveiller."
Source: http://www.bobdylan-fr.com/trad/johnbirch.html
C'était en septembre 2002, quelques mois après la présence au second tour de Jean Marie Le Pen, quelques mois après qu'une partie des électeurs ait considéré le FN digne d'accéder au second tour des présidentielles d'un pays démocratique.
François Chenu avait été abordé à Reims par trois jeunes bonehead, qui lui avaient demandé s'il était homo. Après cette question, ils avaient violemment tabassé le jeune homme, l'avaient ensuite jeté à l'eau puis repêché, non pour le sauver, mais pour l'achever à coups de rangers en pleine tête.
Ces trois jeunes gens, dont l'un était mineur n'étaient pas au FN. Chez eux on retrouvera plutôt des tracts et de la propagande du MNR de Bruno Mégret, la scission du FN, intervenue en 98.
Par contre, un de leurs amis et mentors, à qui d'ailleurs nombre de coups de fils avaient été passés aux alentours des moments de l'assassinat, avait notamment participé à de nombreuses occasions au service d'ordre du parti frontiste, le DPS. On ne sait pas quel parti Mickaël Fréminet aurait choisi lors de la scission, car en 1998, il était en prison suite au meurtre de Brahim Bouarram, survenu le 1er mai 1995 le jour du défilé annuel du FN. Freyminet qui participait ce jour là au cortège, en était sorti, avec ses amis, dont David Halbin qui avait l'année précédente , lors du même défilé, « taquiné les PD qui passaient » au bord de la Seine.
Les bonehead de Reims reconnaîtront à leur proçès avoir cherché à « casser de l'Arabe », mais n'avoir "trouvé qu'un homosexuel". Halbin , Freyminet et leurs comparses eux cherchaient du PD, ils ont trouvé un jeune Marocain, Brahim Bouarram et l'ont jeté à l'eau.
Toujours est-il que Mickaël Freyminet , 7 ans seulement après la mort de Brahim Bouarram était donc revenu à ses activités de néo-nazi gravitant autour des partis fascistes légaux .
C'est ainsi que les choses vont en France, depuis maintenant trente ans : il y aurait d'un côté l'extrême-droite officielle, que les médias dédiabolisent à chaque élection où elle fait un score à deux chiffres, au nom du raisonnement selon lequel un parti qui a beaucoup d'électeurs est un parti démocratique.
Et puis il y aurait l'extrême-droite soi-disant « radicale », qui agresse et tue, et à l'égard de laquelle le Front, souvent approuvé par les « spécialistes » de l'extrême-droite et les médias, prétend toujours avoir la plus grande imperméabilité.
Les bonehead qui ont tué Brahim Bouarram appartenaient bien au cortège légal du FN qui défilait ce jour-là à Paris. Exactement comme aujourd'hui, le DPS et les responsables du FN prétendront les avoir « encadrés » et rejeté les éléments « néo-nazis ».
Exactement comme Marine Le Pen a prétendu l'avoir fait l'année dernière alors même que Serge Ayoub, qui reste la figure charismatique des bonehead était présent au premier rang lors de son discours.
Mais l'enquête menée après la mort de Brahim Bouarram montrera qu'en réalité, les trois bonehead qui l'ont jeté à l'eau ou ont regardé faire étaient venus à Paris avec le car du FN. Elle montrera surtout que le DPS les connaissait bien, puisque dans les jours précédant leur arrestation, des responsables du service de sécurité sont venus à leur domicile , pour leur intimer l'ordre de se débarrasser de tout le matériel du FN qu'ils avaient en leur possession. D'ailleurs, c'est le DPS qui donnera l'identité de l'un des accusés à la police, les deux autres seront trouvés notamment grâce à la délation suscitée dans les rangs de ceux qui avaient pour devise « Sang et Honneur » par la promesse d'une prime de 50 000F.
Colleurs d'affiche, gros bras de circonstances, voilà ce qu'étaient pour le Front, les jeunes bonehead de Reims qui ont tué Brahim Bouarram, comme l'étaient pour le MNR ceux qui ont assassiné Fabien Chenu huit ans plus tard.
Naturellement, les jeunes néo-nazis ont rarement des responsabilités officielles au sein du FN, et même rarement une carte d'adhérent en 95 , comme en 2002, comme aujourd'hui. Seulement des liens factuels pas traçables au premier abord qui permettent au Front de crier à l'amalgame quand l'un d'entre eux dépasse la mesure. Et ce d'autant plus que les néo-nazis voient souvent leurs droits à la défense étonnamment bien respectés lors des procédures judiciaires, tout comme les gens du Front d'ailleurs.
Ainsi en a-t-il été dans l'affaire Brahim Bouarram : il sera par exemple démontré que Bernard Courcelles et le secrétaire général du FN de la Haute-Marne avaient connaissance de l'identité des accusés dès le soir du 1er mai puisqu'ils se sont rendus chez l'un d'entre eux dès cette date. Ils attendront cependant une semaine pour livrer leurs informations à la police, un temps fort utile pour faire le ménage éventuel sur tout ce qui aurait pu conduire à faire des liens trop rapprochés entre le FN et les bonehead. Aucun de ces deux responsables ne sera évidemment inculpé pour « non dénonciation de crime ».
Dans le dossier d'instruction, au départ, il y a des témoignages accablants contre les trois bonehead et même plus largement : deux personnes attestent que l'agression n'a été précédée d'aucune insulte de la victime contrairement à ce que prétend Freyminet. Deux autres témoins affirment que juste avant le drame, une bande d'au moins quinze néo-nazis a commencé à s'agiter et à se concerter, en regardant vers la Seine, ce qui signifie que la victime avait manifestement été repérée.
Cependant trois ans plus tard en 98, lorsque le proçès débute , tous les témoins se sont rétractés et ne se souviennent plus de rien. Il faut dire qu'ils étaient tous des membres du FN. Il faut dire aussi que deux des trois inculpés ont été mis en liberté provisoire dès le mois d'avril 96, soit moins d'un an après les faits, ce qui ne peut-être de nature à rassurer aucun témoin.
Tout ceci explique que le verdict rendu sera finalement le suivant : huit ans de prison pour Freyminet, quatre et cinq ans pour Halbin et Parent, dont un seul ferme, couvert par la détention provisoire.
Quant au Front National, évidemment, aucun de ses dirigeants ne sera inquiété.
Il y aura bien une enquête de l'Assemblée Nationale sur le DPS, le service d'ordre du FN en 1999, en vue d'examiner son éventuelle dissolution. Deux cent vingt pages d'un rapport qui évoque notamment la participation de nombreux néo-nazis dont Freyminet aux opérations du service d'ordre, mais aussi des faits avérés d'usurpation d'identité, lors de manifestations où les membres du DPS se sont fait passer pour des policiers, de violence armée, comme à Montceau les Mines où le DPS a chargé les manifestants sous les yeux des CRS impassibles.
Seulement voilà, l'ensemble des députés de la majorité de gauche reconnaît bien que les conditions d'une dissolution étaient réunies en 1996, mais estime ne pas pouvoir prouver qu'elles le sont encore en 99.
Le même scénario se répète : entre 1995 et 1998 , les éléments nécessaires à une condamnation proportionnée au crime commis sur Brahim Bouarram ont disparu, entre 96 et 99 , il en est de même pour la dissolution du DPS.
C'est ainsi que se construit la soi-disant légalité démocratique du Front National , hier comme aujourd'hui : dans l'oubli organisé, celui des dédales des procédures judiciaires et administratives, où les preuves se perdent inexplicablement, où les témoins se rétractent au fil des années, où les délais de prescription arrivent à échéance.
La mémoire des violences et des meurtres, elle aussi s'efface vite, avec l'aide du discours médiatique qui , à chaque élection, absout le FN de ses crimes passés en les taisant et surtout en prétendant que le FN a changé.
Factuellement, pas tant que ça.
Eric Staellens, qui était responsable du département Ile de France du DPS le 1er mai 1995, quand Brahim Bouarram a été assassiné est d'ailleurs aujourd'hui son dirigeant national.
Régulièrement la presse se fait l'écho des néo-nazis qui sont au Front National, mais pour mieux en dédouaner Marine Le Pen, qui exclut ceux qui se sont fait griller, bien qu'elle même puisse se permettre de valser avec d'anciens SS sans que cela remette en cause le caractère démocratique du FN.
Elle n'est d'ailleurs pas la seule à bénéficier de cette clémence : ainsi le FNJ Paris peut-il tranquillement s'afficher avec le GUD, ce même GUD dont les militants tabassent ouvertement les gens à Lyon, sans que cela déclenche beaucoup d'interrogations sur la soi-disant fracture entre l'extrême-droite « extra-légale » et le Front National « désormais un parti comme les autres ».
Un parti comme les autres dont l'existence conduit à la mort des nôtres.
Il existe un témoignage filmé peu après la mort de Brahim Bouarram, sans doute plus accablant que n'importe quel autre sur la
responsabilité objective du FN dans son assassinat. C'est celui de la mère de David Parent, l'un des bonehead qui était sur les bords de Seine ce 1er mai 1995. Interrogée au journal de France 2, elle répète " Pour lui, il était pour Le Pen.
Lui c'était ça, David, Le Pen, il avait que le Pen dans la tête".
Nous avons consacré du temps à plusieurs articles éconoliques sur la crise, ce que l'on nomme parfois la "recession" et surtout, en tant qu'antifascistes, à l'impact de cette donnée éconolique avec la possible émergence de la dictature capitaliste qu'est le fascisme.
Vous trouverez ici, une brochure concernant ces problématiques et critiquant ouvertement les programmes bourgeois, tant du Front de Gauche que du Front National.
Les marchés frémissent depuis l'arrivée en tête de Hollande paraît-il, Hollande nous promet un nouveau triple "A".
Nous n'avons guère le temps de temps à perdre dans l'entre deux tours de la présidentielle française avec des militants qui souhaitent vouloir nous démontrer que la gauche est le sauveur suprême, que la social-démocratie sera la force qui fera sauter le verrou de la fascisation de la France, en ramenant l'emploi, la sérénité, le mieux-vivre au sein de la collectivité nationale. Nous, nous nous souvenons juste, enfant, avoir vu sur la toiture d'un aciérie lorraine cette inscription à la peinture blanche: "MITTERRAND, TRAHISON!"
De François Hollande, où des nervis du FDG et de son roquet Melenchon, nous n'attendons rien de mieux! L'ours savnt de la social-démocratie s'agite et nous fait son cirque, les futurs ministres lèchent les pieds du futur président et le bon peuple de gauche rassuré rentre chez lui le soir venu, laissant la révolution à jamais...
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Notre collectif s'adresse à tous les redskinheads francophones et internationaux constitués en
R.A.S.H ou en groupes autonomes. Ce collectif signe aussi l'ouverture du mouvement vers les skinheads spirit 69 et les S.H.A.R.P ainsi que vers des militants d'autres
horizons. Notre collectif assume son aspect anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Les "skinheads" apolitiques et boneheads, parasites du mouvement "skinhead" sont nos ennemis de classe et ne sont pas admis ici. Ce blog s'adresse aussi à celles et ceux pour qui "skinhead"
est encore, hélas, synonyme de fasciste, afin de leur démontrer le contraire. Enfin, ce collectif s'ouvre également vers les cultures proches (Reggae,Ska-Soul et Punk).
Working Class Pride!
oi!
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